Ecrits du soir et ciel du lendemain

Une faille. Comme un long espace-temps intérieur. Un rideau qui s’ouvre. Ma part.

Peut être trop de ressentir ? A quoi bon chercher la source des maux ?

J’ai eu envie de faire un pas. Les prolongements n’en sont plus. Cette forme d’insécurité, ce rejet de n’en plus pouvoir. Cette non maîtrise.

Le regard percé. La métamorphose. Reculer devant soi ou s’enfoncer plus profondément.

Je suis retournée en ville aujourd’hui. « Ville » n’éxagérons rien mais quand même là où je vivais il y a plus d’un mois. J’ai eu envie de reculer, faire temps arrière. N’en n’être jamais partie. Je ne voudrais plus d’inconnu ? Je suis trop fatiguée sans doute.

Je roulais dans les rues qui étaient miennes et cadraient mon quotidien d’avant. Je me disais que je ne sais peut être plus choisir et que je vais commencer à connaître des regrets à les laisser filtrer toutes mes barrières, pourtant si bien dressées.

J’ai acheté un livre de cuisine jolie pour celle mal accueillie chez moi et sans doute blessée. Un livre au gingembre ami. J’avais décroché le téléphone hier pour lui dire ma peine. Un écho en silence, quelques secondes au bout de ce fil, m’a confirmé. Puis elle  enrobé l’affaire, puis le chat sautait sur un merle juvénile et je le pourchassais dans le jardin le téléphone dans la main. Nous avons ri et raccroché. Mais les choses sont faites. Une fois faites les choses vivent leur vie. S’esss-cagacent, s’aggg-lutinent. Je colle trop près de moi peut être.

C’est ça. J’ai voulu éclaircir. Je les ai coupé bien net. En brosse, droits, un peu après les épaules. Le fardeau. Dans la poubelle des mèches claires et douces attendent encore. Je n’ai pas rangé les ciseaux.

Aujourd’hui encore glauque et errante et n’ai rien trouvé de mieux que d’aller voir ma vieille amie qui perd la boule dans une maison de vieux. « J’ai le sentiment de tomber dans un trou sans fond » « je ressens un désespoir sans fin, profond ». Le désespoir, lui dis-je, est en nous depuis toujours. Depuis notre plus jeune âge il fait partie de nous. Même le nourrisson peut déclencher une anorexie et refuser sa mère et se laisser mourir car c’est le mieux à faire plutôt que d’être l’objet de ce parent là. Quand j’ai étudié cela à 18 ans, en fac de psycho, ça m’a terrifiée, changée à vie. « Comme ça me fait du bien de pouvoir parler avec toi » me dit-elle.

Consoler les autres transmute mon désespoir. Je ne suis parfois faite, exactement, que pour cela.

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Ce matin il est censé pleuvoir mais le ciel se refuse au gris.

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