Café, cafés, et moi et moi JE

Dans une boite en plastique les restes de gateaux marocains d’hier. J’aime bien manger ce que je veux surtout n’importe quand. 11h30, dattes, semoule, pleine d’huile de miel et de sésame. Tu résistes comment ?

Hier mangé avec deux copines chez l’une d’elle. Fin de ramadan. Je devrais dire amies ? Quand est-ce qu’une copine devient une amie ? Celles ci sont d’anciennes collègues d’une vie ardéchoise. Cette vie a six ans d’âge, c’est du passé mais elles elles sont restées présentes. Je devrais dire amies. Quand on distingue au delà de la facade sociale. Quand on dort chez quelqu’un. Quand on sait ses maladies, quand on l’appelle à l’hôpital ? Est-ce que ça fait amies ?

Ce matin je continue de marquer ma place sur la place du village. J’ai choisi mon camp entre les deux cafés en terrasse, devant l’église au bord de la fontaine. Je vais toujours au même. C’est l’amertume du café qui m’a fait choisir, j’ai choisi le moins pire quoique j’aie une relation sado-maso avec le café. Je ne l’aime pas sauf…nombreuses exceptions. C’est une boisson d’ambiance pour moi. Il va avec des lieux, des coutumes, des pays. J’ai adoré le café grec par exemple. En France je le bois par facilité, avec un verre d’eau s’il vous plait. J’aime son odeur, son fumet, et avant tout j’aime les lieux où on peut le boire.

Ce café je l’ai choisi aussi à cause du soleil qui est caché par l’église et qui arrive très lentement sur la place et sur ce troquet là en premier, vers 10 h du matin en ce moment. J’ai habité là huit années, maintenant je reviens et c’est encore ce troquet qui a mes faveurs. Il est comme plusieurs pays en même temps. En été la terrasse sur la place ( parking condamné) c’est le lieu ouvert, des touristes ( rares), des locaux qui ne s’éternisent pas, et des non classés comme moi, qui lisent le journal, gribouillent des carnets, se prélassent. On se demande bien de quoi ils vivent, non ?

A l’intérieur c’est un passage de frontière. Ca pue, à la fois le mal lavé, le café mauvais et la sueur tintée de bière de sportif frustré. La télé sur une chaîne de sport. Les locaux imbibés au comptoir. Des palabres locales, clamées, sans appel, des interpellations bourrues, des certitudes platitudes lancées comme des planches de salut. C’est sombre, un peu étriqué.

Et au fond le couloir…J’adore cet endroit très bizarre. Il débouche sur une salle qui semble désertée, les chaises sont retournées sur les trois tables contre un mur. Les caisses de boissons sont entassées, une porte donne sur le dehors. J’imagine un tripot clandestin, un repaire clando. Un autre long couloir où d’autres caisses s’entassent puis au fond une seule porte, celle des toilettes.

Assez grandes et propres contre toute attente. Et une fenêtre ouverte sur le village, les montagnes, les arrières cours des maisons, les toits. Une pièce lumineuse, la plus lumineuse des pièces du troquet. Miroir, lavabo, les toilettes sont en hauteur, tu montes une marche. On se croirait sur une scène. C’est un endroit cocasse, imprévu par rapport à l’endroit. On est comme dans une maison, c’est sans doute ce que j’aime et qui me rappelle des cafés corses et les cafés de campagne où partir aux toilettes est une aventure, souvent agréable.

Chez ma grand-mère, au village, les toilettes étaient sur le balcon, une cabane en bois sur le balcon. Carrément ça foutait la trouille. Fallait camper pour pisser et pour le reste je n’en parle pas, tu vas imaginer sans problème.

Non, ce n’est pas un billet pipi caca !

Retour en terrasse où je fais ma touriste. Et le « Monde des livres  » regorge souvent de pépites. Depuis hier je m’interroge sur le mot « autofiction » qu’une copine a évoqué. Me demandant si j’écrivais mon récit en disant  » Je ». Poisse. Elle m’a foutu les chocottes ! Maintenant je ne sais plus comment je m’appelle.

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J’ai lu, j’ai bu, j’ai volé une figue aussi, les figuiers me rendent délinquantes.

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10 réflexions sur “Café, cafés, et moi et moi JE

  1. Causeries en vrac :
    C’est en écrivant qu’on devient écrivain, sinon tu seras une faiseuse de livres…. pas ton style ! pour ce que je connais de toi

    Dis tu connais dans doute http://www.autofiction.org/index.php?category/Accueil, si c’est non, alors vas y jeter un oeil….

    Dattes, semoule, pleine d’huile de miel et de sésame : une nounou tunisienne s’occupait de ma fille petite, et une année le ramadan est tombé pendant l’aven. Ma fille troquait ses chocolats du calendrier de l’aven contre des makruds faits maison…Elle a gardé de cette période une tendresse infinie pour ce gâteau étrange et nourrissant ! et la pâtisserie nord africaine en général.

  2. C’est mon gateau arabe préféré
    j’ai essayé d’en faire et mon ancienne cuisine s’en souvient
    retapissée de semoule, du délire
    j’ai tout essayé, plusieurs fois
    cherché sur plein de sites de recettes et de forums
    toujours du délire
    des milliers de recettes diverses et improbables
    refus de mettre trois tonnes d’huile chaude ou bouillie…alors , ben ça marche pas
    l’amie chez qui j’ai mangé m’a envoyé sa recette : aucune dose précise….
    ils ont des « trucs  » ne les donnent pas et tout est au pif
    Bref, j’ai fini avec une tarte à la semoule tassée à la main ( mains d’huiles et de miel, collantes….) vaguement aux dattes.
    La cuisine ravagée, collée de partout. Et moi aussi, collée, recalée !

  3. merci pour le site
    j’ai commencé à farfouiller mais pas encore vu celui ci
    génial, je suis PRENEUSE de tout….sur le sujet ! ( je patauge un peu dans la semoule là…ouarff)

  4. je crois qu’à un moment il faut arrêter de se poser des questions, pour partir en exploration. Et là, on est étonnée…Quelques gâteaux marocains pur la route, pas mal 😉

  5. Les troquets, les troquets, les vrais, ceux qu’on a de plus en plus de mal à dénicher…Mais c’est vrai que même quand le café n’y est pas fameux, c’est ça qu’on prend.
    Parce que.
    Pour l’odeur et l’ambiance, parce que c’est ça qui inspire.

  6. oui
    j’ai encore récidivé ce matin dimanche
    c’est pour moi, je m’en rends compte de plus en plus, indispensable de sortir de chez moi le matin, une fois habillée, et de marcher un peu vers un lieu où m’assoir et regarder le monde passer, lire et écrire parfois et…boire un café un peu dégueu.

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