Les brouillons

J’ai très peu appris à faire et refaire. J’écris d’une traite, je relis et je fais le minimum. Collégienne et lycéenne je rendais mes brouillons quasi intacts aux profs de français. Ils me suffisaient, ils me permettaient de ne pas descendre en dessous de 14, alors, bon, ben, pis y’avait plus le temps, pis j’avais tout dis comme je voulais, hein ?

Je relis plusieurs fois mes textes, je corrige quelques mots, je retourne des phrases, supprime par ci, raccourcis là, mais dans l’ensemble pas énormément. Je parle de l’écriture-plaisir, pas du mémoire de recherche de Master2, hein ?

Personne, depuis des décennies, ne donne son avis sur mes écrits-plaisir. Parfois des avis contents ou touchés, mais c’est une minorité. Les blogues où on te caresse ton égo, et surtout tu te le caresses, et c’est bien mais c’est tout. J’ai démarré des expériences en ateliers d’écriture depuis plus d’une année. Cette année je démarre dans la gang à Scribue. Et je le sais, ils ont l’oeil. Et on peut se corriger mutuellement, se critiquer, donner des pistes, des ressentis.

Je suis prête sans doute. Et je le dois. Il le faut sinon je n’avancerai pas dans mon projet d’écrit-abouti de A à Z. Un écrit-abouti n’est pas un écrit-plaisir. Vraiment pas que…Hier j’ai regardé une vidéo sur Rue89, du prix Goncourt, A.Jenni qui devient Goncourt avec son premier livre publié. Les dix premières minutes de l’interview m’ont beaucoup plu. Il parle de ce qu’il a écrit avant, de pourquoi ça a été refusé par les éditeurs. Il dit ce qu’il a appris et lâché, pour arriver à ses 700 pages de roman où il mêle plusieurs styles, comme il aime. Il est humble et vachement conscient de ce qu’il écrit, il en a le recul et trente années d’expériences. Ca a fait boomerang en moi. Je me suis dit « Pffff. Chapeau. Voilà. »

Je n’ai aucun recul face à ce que j’écris. Je suis complètement perdue dedans et beaucoup trop sûre de moi. J’étais. Maintenant je commence à pouvoir me relire et penser « Mais c’est toi qui a écrit cela ? Mais qu’est ce que c’est pédant ! Mais c’est poisseux, non mais tu t’es vue ?? ». Et ben là, ouais, on va commencer à pouvoir avancer mais je te le dis c’est pas du gâteau. Vous me reprenez tout ça ma p’tite dame et vous allez travailler un peu sérieusement hein ?

http://blogs.rue89.com/cabinet-de-lecture/2011/10/16/interview-dalexis-jenni-lintegrale-224545590

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5 réflexions sur “Les brouillons

    1. Yeah ! Girl, je te lis et te relis si tu veux !! pas de brouillon et non, pas non plus ici… peut-être écris des variations pour cerner le style qui te convient ou donne-toi une contrainte oulipienne… courage, tu crois en toi c’est l’essentiel… biz

  1. Bon v’la qu’il faut que je cherche ce qu’est une contrainte oulipienne. J’ai entendu ce mot à la radio il y a deux jours, je l’ai trouvé joli…V’la maintenant que je peux m’ouliper ? Chic !

C'est ici qu'on cause...

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