Rites, tribus, et vilains petits canards

Noël sonne toujours comme un rassemblement familial, une tradition d’être ensemble. Rompre avec le rite clanique c’est difficile, cela demande une profonde douleur, un profond courage de se démarquer et d’oser faire mal aux autres pour soi, pour s’affirmer, une profonde certitude de solitude aussi, qui ne fait plus autant peur, et d’incompréhension. On ne cherche plus à être compris, cela n’a plus de sens. Pour ma part j’ai su très tôt que je ne trouverai aucune réelle compréhension dans ma famille. C’est un espèce d’acquis, de postulat avec lequel tu te construis – ou pas – vers l’adolescence. Cela te rend adulte responsable très vite et avec douleur et joie. C’est du carburant. Un truc de feu, de force, qui pousse aux fesses, comme dirait l’autre.

Sans parents et sans enfants, plus rien ne me retenait d’abandonner Noël officiellement ( l’ayant déserté déjà le plus souvent possible ). D’autant plus que ma nièce, qui me suppliait souvent de l’aider à jouer la comédie ce jour là, avait elle-même concrétisé la rupture avec l’hypocrisie. Elle avait dit Non à sa mère, Non à son père, à trente ans bien passés. Une bataille gagnée sur son intégrité.  Noël avec vous, c’est terminé, avait-elle dit. Et ce n’est pas le truc que tu lances comme ça, facilement, entre deux portes…

Nous n’avions jamais trouvé moyen d’en faire une chose simple. Nous ne voulions plus de l’orgie grotesque de cadeaux et les autres  adultes présents ne pouvaient accepter un peu de décence et de simplicité. Elle refusait d’élever sa fille comme elle avait été élevée, c’était un lourd combat. Il exigeait de cruelles étapes. Nous étions enfin débarrassées des Noëls. On souriait.

Les seuls Noëls d’adultes (quand il y a des petits, c’est encore une autre histoire…) que j’ai trouvés sincères furent ceux à l’étranger entre copains, qui tous étaient loin de leur famille et cela n’est pas pour rien, c’est pour beaucoup dans le désir de partir, dans ce passage à l’acte à un moment de la vie. On est bien, loin. Loin, on est vraiment bien. Et la famille est souvent fière, on les séduit, le projecteur reste braqué sur notre petit héroïsme. C’est agréable. Le beurre et sa confiture sans les inconvénients de la tartine un peu rassie. La bonne distance qui lie. Celle que j’aime.

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18 réflexions sur “Rites, tribus, et vilains petits canards

    1. oui la déco, hein ? la déco…c’est pour le plaisir de s’amuser.

      Et « pour les enfants » ben, c’est chacun qui voit. C’est les parents qui les éduquent et qui font leurs choix. Ah Ha ha !
      Hein ?
      Quoi ?
      Scrunf aussi ?
      Bon, Scrunf pour tout le monde, c’est Stef sur sa dune qui paye la tournée !!!

      tiens je lis « Un certain lieu  » , de Vargas, bien sympa

      et y’a un son :

      « Plog »

      dedans,
      qui devient un Scrunf, en quelque sorte mais en pire

      bon enfin, je me comprends…

      1. ben en fait, pour les enfants et les grand-parents, on fait. Parce qu’il n’y a plus d’espoir chez les cousins on est définitivement pas pareils, et avec leurs parents je te dis pas. Bref, super, chouette, c’est noël…

  1. Ce qui est pénible, c’est que même quand tu as choisi, tu tombes toujours sur celui ou celle, voisin ou collègue de son état qui te dit:
    -Comment ça vous restez tout seul, bah venez à la maison ça nous fera plaisir
    -Euh non non vraiment, on préfère rester peinard
    -Mais enfin, PERSONNE n’aime être seul, même à deux à Noël, c’est pas un jour comme les autres!
    -Si si, nous on aime bien…
    -Rrr mais enfin venez au moins pour le café…
    (il y a quelques années un message sur le répondeur à minuit pour nous dire qu’on nous attendait, et nous on était déjà couché!)

    et là, ta première résolution pour l’année suivante est de ne plus parler à tes voisin ni à tes collègues. Scrunf.

    1. Oui je vois
      mais moi je suis horrible
      quand je dis Non, non merci, non
      je prends un air de vampire assassin
      tout le monde fuit

      ( après c’est dur de faire croire que t’es sympa des fois…)

  2. Et bien…Il n’ya plus qu’à se souhaiter un Triste Noël, histoire de se faire plaisir!!!!

    Curieux quand même..j’ai mis ce matin un mot sur mon blog..sur le même sujet et avec des doutes ?????
    Puis, acte manqué …très réussi »….je me suis planté pour le publier et ai trafiqué quelquechose du coté d’une procèdure ??? PLanifié????, ce qui fait que je n’ai plus la main et ne sait quand il sera publié!!!!

    Alors à tous un Noël comme vous le souhaitez! (et avec toute ma tribue,) je ferai ce que je peux avec ce que chacun de nous sommes.

    1. je n’ai pas parlé d’être triste
      je n’ai pas dit non plus que c’est simple à vivre, on a tous envie au fond de nous, de chaleur humaine autour d’une belle table
      y’en a qui ont
      y’en a qui ..non, z’ont autre chose. Ni plus, ni moins. La vie.

  3. En effet on nous regarde bizarrement quand nous disons que nous ne fêtons pas Noël, que nous ne faisons rien de plus que la veille ou le lendemain et que les cadeaux nous les faisons quand nous avons envie de faire plaisir mais jamais à date programmée, pas même pour les anniversaires.

    1. Mais comme on se fout d’être regardé bizarrement…
      Pour ma part j’en dis pas mal des choses tout au long de l’année, histoire de voir quel regard bizarre on va me lancer, oyé !

  4. Le regard le plus bizarre qu’on me lance et qui me fait le plus ricaner, c’est quand je dis:
    -ah ben non je n’ai pas de micro-onde (je crois que j’ai encore plus l’air d’un extra-terrestre que quand je dis que je ne regarde jamais la télé)

    Mais moi j’adôôôôôre la vie en décalage.

    Tsoin tsoin

      1. A deux sans enfants, hein ? Cela change tout. Pis perdus en ermites dans la campagne, pis pas du tout branchée fringues la nana ( sauf d’occazes) , ni lingerie, ni trucs pour la maison, la fille elle boit dans des verres à moutarde.
        Pis beaucoup de temps libre pour éplucher les légumes et faire la cuisine avec des doigts, comme vous, les bretonnes, comme vous.
        Juste nonne, je vous dit, bonzesse.

        Wouarffffff !

  5. Ok on fera une liste….ce serait rigolo

    – tu n’as pas de micro ondes ( moi non plus)

    – je n’ai pas la télé ( pas mal hein ?)

    – 500 euros me suffisent pour vivre, surtout si je ne vis pas seule. ( elle est pas mal celle là, elle vaut son pesant. )

    ….

    1. -pas de lave-vaisselle non plus, et sans compter le prêt pour la maison, on vit aussi avec 1000 euros pour deux.
      -ah, j’ai failli oublier: pas de portable, sauf un dans la poche de J depuis son souci, pour pouvoir faire le 112, on sait jamais.

  6. le lave-vaisselle on a cru qu’on franchirait le cap, ça nous faisait marrer car la nouvelle cuisine en était équipée…et puis après divers essais…non il ne marche pas et non, on n’en a a pas besoin , ni de le réparer / trop vieux, pas économique en eau
    Adieu la folie du lave-vaisselle ( à deux, complètement inutile) !!

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