Quatre livres, un train, deux thés, une radio, un soupçon d’ennui ?

Il fait doux. A la gare TGV le vent de la vallée du Rhône, un peu de pluie et lui avec son sac de cadeaux pour eux. J’ai eu du mal à le laisser.

Pas de vent ni de pluie dans ma vallée. Doux, je dis. Retour dans la maison.

Deuxième thé. J’ai eu bien du mal à m’endormir hier soir, des musiques dans la tête, non mais c’est dingue d’entendre des chansons quand c’est le moment de fermer les yeux et d’oublier ? Le rêve d’il y a deux jours me poursuit. Encore ce parking en bord de mer. Où est-il ce parking ? Il y a ma voiture à retrouver, je ne suis pas seule. La mer est agitée. Comme une plage près d’un port en octobre ou mars. Un peu comme ces petites villes normandes que j’ai tant cotoyées. On allait à la mer pour la journée et c’était toujours bien.

Levée à 5h30, train à prendre oblige. Je suis dans le pâté. Hier soir j’ai aimé écouter encore monsieur Fournier qui a écrit  « Veuf ». Je l’écoutais pendant que je l’attendais et j’avais envie qu’il rentre. Comme souvent je me demandais ce que je ferai le jour où…Mais personne ne sait. Nous n’avons aucune prise sur ce qui se passe demain ? Quoi que. Si. Quand je peux, je prends prise, je m’accroche à la paroi, mes doigts deviennent les serres d’un rapace.

Je ne suis pas sûre d’avoir les bons bouquins pour tenir quatre jours seule. Je suis mi-figue mi-raisin sur « Rosa candida » mais je vais persévérer. Je m’amuse beaucoup avec « Un lieu incertain » de Vargas. Vargas ça passe tout le temps, même quand t’es pas dans ton assiette, même le soir épuisé. Mais je l’ai bientôt fini. J’ai deux Murakami. Il faut que je soies de bonne humeur, détendue, pour m’y lancer ( j’en ai déjà abandonné un cet été).

Le facteur passe. Je le vois de ma fenêtre. Tous les deux jours il amène un colis à mon voisin. Je suis jalouse mais je crois simplement que mon voisin est tombé dans le net depuis son accident. Ornithologue immobilisé, j’ai l’impression qu’il est devenu consommateur par ordinateur interposé. Plusieurs fois par semaine c’est soit le postier soit un service d’expédition qui viennent l’approvisionner. Grand, petit, moyen, toutes les tailles de paquets y passent, c’est dingue.

La radio ronronne en bas, je suis en haut. Je réalise une fois de plus combien la radio est une constante dans mon quotidien. J’adore ce média. Je l’ai déjà raconté ( en ce moment je radote, ça me plait),  mais dans ma vie étudiante j’avais contacté Radio France pour y faire un job d’été. N’importe quoi j’aurais dit oui. Je rêvais de F.I.P et les voix de ma Kriss. Je rêvais de balayer dans les couloirs, de les voir tous passer, de toucher leurs poubelles, de leur amener des gobelets de café, ou juste de les toucher leurs gobelets à tous ces animateurs, tous ces journalistes, les prendre froids avec leur fond encore tâché de café, leurs bords humectés, et  les mettre dans une poubelle, moi, reine des gobelets usagés, la classe, un début de carrière. Avec des gants en plastiques, errer dans des couloirs au petit matin, inconnue de tous mais tous les reconnaissant, entrée dans leur intime, cendrillon au coeur palpitant.

Je rêvais. Un jour en Norvège, une radio francophone, animée par un pote, m’a accordé une interview. Oui parce que je revenais d’Asie, je suis une personne très importante. Même pas peur. Petit studio comme les vrais, boite de verre, micros sur la table. J’ai fait mon job sans me biler. On a discuté. Quand je suis sortie de la cage en verre, dans les couloirs, un gars qui dirigeait cette radio est venu vers moi pour me dire que ça s’était vraiment bien passé et que j’avais une voix faite pour la radio. J’étais vraiment ravie. J’ai repensé à tout ce qu’ils avaient raté à Radio France, les idiots.

Bon, sinon, j’ai encore envie de créer quelque chose sur le net. Un blogue tu dis ? ( voilà que je parle comme l’ami JMD !). Ou bien de me cacher dans un de mes recoins dont j’ai le secret. Ou bien de ne rien écrire ici. Ou bien autre chose. Oui, la gang de l’atelier d’écriture, faudrait aussi que je reprenne du collier.

Bon mais toi, allez, apprends-moi des trucs, s’il te plait,  si tu connais une forme nouvelle, un nouveau joujou qui t’amuse sur ton ordinateur. Je suis preneuse. ( Hum j’aimerais bien faire des dessins et peintures …) Un truc qui fait traverser l’écran et prendre VRAIMENT un thé avec toi ?

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11 réflexions sur “Quatre livres, un train, deux thés, une radio, un soupçon d’ennui ?

  1. J’aime bien lire tes doutes, inquiètudes et bons souvenirs…
    Je suis presque avec toi dans ces moments!!!Grâce à toi, ça va de soi..

    Là je vais prendre un bon thé bien chaud, et déthéiné…et soufler un peu, me détendre, car demain commencent les invasions périodiques mi-tendresse, mi-j’memêle de tout, sur le mode hé les parents, c’est pas commçaquifaut faire..Alors si tu veux venir ya du thé pour un régiment…Je t’embrasse.Nicole

    1. Heu… disons qu’on trouve assez facilement des versions anciennes, tout à fait suffisantes, à télécharger. Je ne suis pas spécialiste de ces activités hautement illégales, mais tout le monde connait des gens qui connaissent des gens qui. Non ? Préviens quand tu l’auras, que je descende te faire un stage…

  2. je n’en doute pas, ce livre doit être plein à ras bords. Je n’en entends que du bien à la radio…
    Je l’emprunterai en bibli….quand il sera libre !
    je ne savais pas que l’auteur était un pote à Desproges, je l’ai appris pendant l’émission.

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