Le livre, je te dirai quand je l’aurai fini

J’ai plusieurs couches de vies sur moi. Sont-elles épaisses, sont-elles fines ? Franchement je ne sais pas. Ce n’est pas cela qui les caractérisent et je ne saurais pas les décrire, même pour moi, même en secret, je ne saurais pas les trouver les unes après les autres.

Parfois une certitude se dévoile, c’est une ouverture, une révélation aussi importante que l’enfance et ses vérités, ses démons, ses anges, sa justesse du monde. Dernièrement un voile s’est soulevé, quelques secondes, suffisamment pour que je cherche à m’en souvenir car ce qu’il disait était l’enfin, l’enfin de moi, des peaux nues nageant dans l’eau claire.

C’était dans la nuit, c’est souvent entre deux sommeils ou en m’endormant, dans un état où la conscience d’une de mes peaux ( la plus rugueuse tout de même, la plus menteuse, celle qui se voit bien aux yeux des autres) est absente, dans un entre-deux moi, dans une pénombre du réel, c’est là que je vois. Je vois des images, je vois une scène et des paroles, je les visionne,  ce n’est pas un rêve, c’est un secret qu’on me confie, que je me confie, un secret que moi je détiens et qui m’apparait. De quoi penser « mais c’est fou, pourquoi est-il si caché alors qu’il me propulse tellement, il m’apprend, il efface les doutes, les malentendus entre mes peaux, il est le passage vers d’autres mondes  » !?. Pourquoi errer dans un tunnel quand on détient une lampe dans sa poche ?

Je lis un livre, je ne veux pas vous dire ni son titre ni son auteur. Celui qui le devine, peut m’envoyer un mail (pas un commentaire !) et il sera récompensé. Non, je ne veux pas dire ce que c’est car je ne veux pas vous entendre en parler car ce livre est tout à moi en ce moment. Il n’est qu’à moi, il n’est pas pour vous et si vous l’avez aimé tant mieux mais vous n’avez rien compris comme moi je le comprends, non. Je suis envoûtée. Les livres ne sont que subjectivités et leur amour n’est que subjectif et affaire de moment, comme tout amour qui se respecte. Je parle de livres qui t’habitent, qui ne lâchent plus tes doigts, de livres qui t’amènent dans un monde où tu n’avais pas encore autant voyagé ou bien tu n’avais jamais été dans ce pays là, pas ainsi, pas lui, pas comme cela.

Je dois lire ce livre modérément. Parfois non, je gloutonne un peu jusqu’à ce que mes yeux crient au secours. J’ai un peu des yeux à lunettes qui crient au secours facilement. Souvent je le sussure, je le couve, je m’arrête aux portes du désir pour me faire chavirer, et pour que lui-même, ce livre vivant, ce livre de peaux, me réclame, soit torturé par mon absence, impatient que je revienne le tenir, le prendre, ouvert entre mes mains, posé sur mes cuisses, affamé. Je suis dans le livre, je dois donc faire attention. Parfois j’ai envie de pleurer à cause de la rencontre, à cause du voyage à l’intérieur où il m’emmène. Parfois, comme là, il y a 20 mns, je ferme la page, je ne commence pas un autre chapitre parce que des mots montent dans ma tête, imposent des phrases, des pensées, et mon coeur, fort, bat.

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4 réflexions sur “Le livre, je te dirai quand je l’aurai fini

  1. Je me prends à imaginer que je devine…un livre lu récemment m’a procuré des sensations assez proches. J’en aurais presque voulu à son auteur de mettra là, sur la page blanche des choses que j’avais éprouvées si fort mais que je ne savais pas si bien dire et surtout de me dévoiler des choses sur moi!

  2. Coucou, me revoilà !!! J’ai trouvé le chemin, superbe la chanson de Daphnée… j’adore les histoires de livres alors tu m’intrigues…

C'est ici qu'on cause...

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