L’Adieu

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Rien ne s’est passé comme je le pensais. Rien ou presque.

Abandonnée, repêchée non par ceux auxquels je pensais, vacante, silencieuse et écoutant l’amie me dire la difficulté de m’aimer. Refroidie, givrée, malade, blottie nulle part ou à peine. Errante. Punaisée contre la ville de l’enfance, enfin derrière moi. Affolée, reculante, dérisoire et touchant du doigt ce que je n’avais pas encore touché. Des yeux pourtant dans mes yeux. Une table chaude dans une cuisine volets tirés mais chaude et présente alors que ceux là je ne les attendais pas. Délaissée, une amie en colère face à moi sans douceur. Puis, reviens dit-elle, parlons nous. Encore un thé dans un troquet et je ne sais plus combien j’en ai bu.

Je pleure, je ne peux pas lui parler de nous. Je lui dis que je l’aime-et-c’est-tout. Elle comprend un peu, elle voit mon silence, ma détresse.  Dans un pub une autre amie, qui n’attend jamais rien de moi mais est là, me parle de son voyage au Japon et on aime ça. On se quitte sans chichis, habituées à me pendre comme c’est.

J’ai tout le temps froid, je n’ai plus de voix, plus de nez, je me liquéfie et grelotte seule dans la ville grise et remplie pourtant. Au fil des rues, elle me dit adieu, je ne suis plus ici.

J’ai hâte de revenir. J’avance mon retour. Je peux enfin m’ouvrir, tourner la page, ne plus rien attendre de loin, pas de là. Oui je peux enfin ne plus rien espérer venant d’ici et ne plus rien regretter de ce qui ne se fait pas, de ce qui n’est pas dans cette ville là avec ces gens là qui me connaissaient, mais ne me connaissent pas.

Et moi je suis moi. Et je suis ici, là où je vis maintenant. C’est bien là que je veux vivre, on dirait qu’un présent va commencer enfin.

Il me ramène à la maison, enfin. Enfin le feu, le thé dans mes murs. Je monte dans mon bureau je mets de la musique et je danse, je tourne en rond en dansant, je me trémousse de joie. Je pense à toi.

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14 réflexions sur “L’Adieu

  1. J ‘ai le coeur qui se serre en te lisant ..
    .rendez-vous raté je sais c’est difficile surtout lorsque l’on en espérait beaucoup …
    Allez Laure !
    Sacha

    1. moi aussi j’ai eu le coeur très serré et puis, tu vois, finalement, en décortiquant les choses et avec l’amour qui est toujours là mais qui reste au chaud pendant que moi, et eux, et nous tous, avançons les uns sans les autres maintenant.

  2. Ben oui, je dis comme Catplume, j’aurais aimé cela moi te rencontrer en bas de chez moi et t’inviter chez moi à boire du thé, grabouiller les chats, placoter. Bon je ne vais pas jouer à « ce qui pourrait », c’est destructeur comme tu l’écris si bien, je préfère ce qui est, te retrouver ici, te lire, avoir le coeur serré pour toi, regarder ma ville avec tes yeux et attendre le prochain billet 😉

    1. Paris c’est une autre histoire que Rouen, pour moi. Le prochain billet sera pour elle, cette ville que j’aime. Et un jour j’aurai le plaisir de placoter avec vous sur place. Ce coup ci j’avais un autre but, un autre train à prendre. Dorénavant je peux n’avoir que Paris comme arrivée et départ. Ouf.

  3. Que de pensées j’ai eu pour toi pendant cette mini semaine…! !

    Pour avoir vécu dans cette même ville sinon à la même époque, probablement au même âge que toi..je me souviens d’avoir fait des tentatives similaires…

    Ton article a réveillé en moi tout un itinéraire….

    Je n’encombrerai pas ton blog…je te ferai partager les brumes de ce retour …sur mon blog…

    Je t’embrasse.Nicole

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