Mediatheque, mon oiseau

Les retours de médiathèque sont toujours jouissifs.

D’abord la rivière. Ma mediathèque actuelle surplombe la rivière froide. J’y ai découvert cette année le cingle plongeur.

Il m’a suffit d’évoquer « un petit oiseau genre grosse hirondelle ? qui NAGE sous l’eau » pour que sur FB on me réponde : cingle plongeur.

Maintenant je le connais. Il a ce tic rigolo, quand il se pose , sur ses deux pattes, il fait des flexions des genoux, hop hop, comme un élastique, le gars est souple et vérifie ses articulations.

Ce matin, il m’a accueilli. Je connais son sifflement. Et il m’a fait un vol au dessus de l’eau où il s’est posé tout naturellement. Puis, zou, j’ai compté 5 secondes, cinq secondes complètement sous l’eau. Comme un pingouin. Ce type est fou. Mais t’es né comme ça, que veux tu faire ? T’es cinglé, tu vas sous l’eau comme un poisson, l’oiseau. Il ressort comme pour reprendre son souffle et aussitôt plouf, avec vivacité, tête la première, le petit corps noir, marron, et plastron blanc, plouf, sous l’eau, invisible. Ce type est fou. Je l’adore.

A la médiathèque j’ai pris la Maison des feuilles, un livre hors du commun dont Mabes m’a parlé ici. Un truc qui ne ressemble à rien. C’est un pavé, la bibliothécaire m’a dit qu’elle s’était accrochée pour le finir et je crois qu’elle n’a guère aimé. Nous n’avons pas les mêmes goûts, de toutes façons. Mais il fait peur ce bouquin, rien qu’en le feuilletant t’as envie de t’excuser  » euh ben, non, merci, finalement je sais pas lire trop bien, vous voyez ? ». Il est inclassable et a été rangé dans  » Science fiction ». « On l’a mis là » elle m’a dit la petite biblio à lunettes à la voix fluette, avec un petit rire qui s’excuse genre  » qu’en faire de ce truc ? ». Je lis que ce truc a rendu fou ses lecteurs et qu’il a fallu vite le publier après une première sortie sur le net. Bon…

J’ai pris le tome II du Clan des Otori. Sans doute l’exact opposé de la Maison des feuilles. C’est ce conte dans un Japon ancien et imaginaire, qui se lit comme un doudou. Je me suis vautrée et reposée dans le tome I. Je suis bon public pour les contes exotiques, de cape et d’épée, de mystères et magiciens guerriers. J’ai aussi repris des CD compil des InroKs. Un assemblage de titres que je ne connais jamais, avec toujours des belles surprises dans le lot. ( là j’écoute une chansonnette bien faite de Mehdi Zannad / Au revoir)

Un escalier en colimaçon amène de la rivière à la médiathèque, et je le redescends pour retourner sur les quais aménagés et le parking au loin, après le petit pont. Je regarde de haut l’eau verte et mouvante. Les canards, dont un nouveau ce matin, une tête un peu plate avec houppette derrière, un air aristocratique, un corps clair, argenté ? Un bec un peu long et courbé vers le haut. Il fait l’épate en plongeant d’un coup sec de la nuque, avec caractère. Il suit un autre. Il est le seul de sa famille, on dirait qu’il est venu passer des vacances chez les simples canards, les cols verts de tous les jours, il essaie de faire bonne impression. Je ne connais pas bien la vie des canards.

Bien sûr le cingle, mon ami, me nargue d’une volée froufroutante au dessus de la rivière qu’il traverse en poussant son cri. C’est d’une beauté qui m’immobilise. On resterait toute la vie, juste à disparaitre, à le regarder vivre.

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