pluie dodo

Aujourd’hui j’ai vécu comme endormie. J’ai bien dormi, longuement, je me suis réveillée, enfin j’ai cru, ce matin. Je savais qu’il pleuvrait dans la journée.

Finalement dès que j’ai pris la route pour rejoindre mon cher travail, j’ai su que je dormais encore, que j’étais comme restée quelque part. Je ne sais où . Je pensais « peut être dans un sommeil ? » mais cela semblait être plus sournois et diffus, comme un ensorcellement. J’étais bien mais je ne connectais pas avec la réalité alentour tout en n’étant nulle part. Ni décollée ni atterrie.

La matinée a été douce. Du coloriage, des ronds et des carrés découpés. J’utilise avec des adultes des outils que je pourrais utiliser avec des enfants, mais justement les dames n’en sont pas et c’est ça le miracle, le joyeux émerveillement. Des adultes qui dessinent pour la première fois. Ca, oui, me fait décoller.

J’ai mangé comme un ogre à midi, ayant déjà grignoté à 10h. De là où j’étais, là où j’étais restée, je ne sais où, on avait faim, on ne se remplissait pas, faut croire. Toute une énergie pompée, siphonnée, pour je ne sais quoi. Quelque part.

La pluie est tombée de pire en pire dans l’après midi. J’étais ramollie. Il fallait trouver un peu d’entrain pour le petit groupe. On a tiré à la fin, la pluie aidant. Elles se levaient pour regarder les dégâts des eaux. Cela me faisait sourire, elles n’ont pas l’habitude dans ce pays, des trombes d’eaux drues. Plus tard, au volant de ma voiture, des souvenirs me revenaient, c’était ceux du lycée à Rouen. Des milliers de fois où j’y suis allée sous des pluies froides revêches, le nombre de vêtements trempés, l’humidité partout. Détestable. Ces dames marocaines qui vivent en Drôme, elles ne connaissent pas cela.

Dans la voiture je dormais, prise par une mouche tsé tsé têtue. J’ai failli m’arrêter et me coucher derrière. Derrière j’ai coussin et couvertures. Je suis une fille très organisée, très. Mais quand même, à dix minutes de chez moi !

J’ai roulé, machinalement.

Pendant que j’écris, la mouche me reprend. Un virus tu crois ? La pluie a cessé. Deux gars posent du carrelage en bas. Un camion du Samu est chez la voisine zinzin. Celle qui a un chien qui ne sort jamais et n’en peut plus. Alors quand les toutous libres passent devant chez lui, frôlent la clotûre sur le chemin de la ferme, ça le rend fou. Il aboie pendant 20 mns pour soulager sa peine. Que veux tu faire ?

Rien.

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