Des bênets, des cerises, une yoyotante

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Ceci n’est pas une grive. C’est ce que m’a dit mon voisin avec un air moqueur.

Ceci est la moitié d’un bênet ramené par Bibi sur son territoire.

Ainsi va la vie que je ne comprends rien aux oiseaux. Ouf. C’est mieux ainsi. Mon voisin m’a rappelé que c’était des oiseaux et que je divaguais. Certes.

Mais voici ce qui s’est passé. J’ai assisté à l’arrivée de deux nouveaux et je n’ai pas vu que c’était des enfants de Bibi. Comment aurais je pu ? L’année dernière on a bien eu une portée de juvéniles. Leur maman était toujours là et ils n’étaient pas roux-marron, ni tachetés sur le poitrail. Du tout. Ils n’étaient pas non plus plus gros que leur père dès le premier envol. Alors forcément, quand j’ai vu ces deux machins roux et tachetés et plus gros qu’un Bibi ( svelte, le Bibi, oui), en couple trottinant maladroitement, non je n’ai pas pensé à des merles sortis du nid.

D’ailleurs d’où viennent-ils ? Pas de la maison. D’ailleurs. Adoptés ? Orphelins de mére et rapatriés par le merle Bibi ? Bibi est-il leur père, leur oncle, leur parrain ?

J’étais assise dans le jardin face à la terrasse couverte. Cette terrasse a un mur côté nord, assez long, tu passes derrière, c’est étroit entre le mur de la terrasse et la haie de lauriers-laurènes ils disent ici, c’est un petit passage terreux merdique qui mène à la petite friche de derrière la maison et sa petite barrière en bois. Les oiseaux aiment bien ce coin peinard.

Surgissant derrière la terrasse, cheminant sur le sentier, arrivant vers le jardin Est, Bibi. Normal. Sur ses pattes, plic plic plic. Et juste derrière une chose ronde, jolie, timide, toute tachetée et rousse-marron avec la queue noire. ?. Elle suit Bibi, voire un peu de harcèlement dans l’air ? Je me dis Qu’est ce !?? Un intrus !?? Bibi le merle s’envole sur le toit de la cabane, le repaire des zozios. La chose n’est pas à l’aise et se pose sur le muret en ciment, à 20 cms du sol, se croyant cachée par la haie feuillue mais moi j’ai des yeux.

J’attends. Mais la suivait de très près son double, son jumeau. Une chose pareillement tachetée et jolie et cette fois dégourdie. Celle là sait voler. Va sur la haie puis rejoint le merle. L’autre alors sort son courage et volète aussi, collée à son double. piii piiii piiiii piiii. C’est la seule chose qu’ils savent dire. J’ai imité au voisin ce cri, il a froncé les yeux en pensant que mon cas était sévère. Pour un ornitho il a mal choisi sa voisine, elle yoyote.

C’était il y a cinq jours. Maintenant les deux bênets tapent l’incruste et apprennent à voler en s’élancant depuis la cabane. L’un est au point et fait des looping dans les cerisiers, l’autre moins. Piii piii piii piii. Y’en a un qui n’est pas bien fini et ne fait que picorer les bouts de pommes que je lui lance.

Au début j’ai cru que le merle les chassait, était embarrassé de leur présence. Puis, aidée du voisin, j’ai ouvert les yeux et vu. Ils sont du même bord, il est consentant. Embarrassé sans doute un peu. Deux gros bênets dans la famille, c’est pas facile.

Et puis la course aux cerises a commencé. C’est chacun sa pomme si je puis dire. Démerdez-vous les petits. Quatre vieux cerisiers inatteignables pour les humains bordent ma cloture, ce sont ceux du voisin. L’un d’eux a gardé un longue branche à deux mètres cinquante de haut qui est chez moi, frôle le toit de la cabane. Un escabeau et hop ! Oui mais voilà, ça c’était l’année dernière.

2011. Avril-mai en canicule : des cerises jusqu’à ne plus savoir qu’en faire.  Y’en avait pour tous. Là non. Elles rougissent lentement et la tempête il y a quinze jours a bazardé au sol les bébés cerises. Moralité c’est la guerre. Le combat entre merle de chez moi et merle du voisin est déclaré. Bibi se rabat sur la pauvre branche au dessus de MA cabane et picore des cerises à peine roses. C’est dingue !

Hier j’ai mis du papier argenté sur cette branche, histoire de dire « Siouplé montez plus haut vous en avez plein d’autres ! ». Ce matin un gros bênet avait son nez sur mon papier de Noël et rigolait. Bibi, une perle rouge pâle dans le bec, m’a fait un clin d’oeil en s’envolant avec son bijou.

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3 réflexions sur “Des bênets, des cerises, une yoyotante

  1. Et tu n’as pas encore assisté à une attaque massive des parents lorsque le chat s’est attaqué à un petit tombé du nid ? Le chat s’enfuit courageusement dans ce cas là, mais, hélas, il revient guetter bien vite.

    1. Oui, Valentine Chacureuil, chez Lynxxe, connait ça. Chez moi les chats c’est fini. Il n’en reste plus qu’un gros vieux, placide, qui a renoncé, mais sous mon oeil vigilant. Avec le feu couli, ce fut autre chose en 2011. Et de chats il n’y en aura plus d’autres.

  2. Laure, tu sais bien que les chats, ce sont eux qui nous choisissent, pas l’inverse 🙂
    bon la bonne nouvelle, c’est que tu peux leur apprendre plein de mélodies à tes merles. Le pas dégourdi a peut être de grandes qualités vocales d’imitation !Va savoir…

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