grimpante

Tu es parti et j’aime bien être seule dans la maison.

Nous nous aimons, toi, et parfois j’aime aussi la maison, de plus en plus souvent.

Elle prend tournure. Je reste étrangère par moments, je la regarde comme une autre. Pourquoi les pièces sont-elles comme cela ? Pourquoi le haut ? Pourquoi les voisins ?

A d’autres moments elle est mienne. Au ras du sol, au vert de vert. Elle est bicoque, elle ferait fuir un homme maniaque du bricolage, de la tondeuse, de la tronçonneuse. Je n’aime pas trop les hommes qui jardinent on dirait qu’ils font du bricolage ou de la mécanique. C’est trop précis, autoritaire, mettre la nature au carré, bien rangée.

Mon jardinet est un bordel de ma tête qui te fait sourire. Tu n’y touches pas, tu n’aimes pas, tu veux juste pouvoir passer sur l’allée sans te piquer dans les rosiers qui débordent, sans prendre douche des forsythias qui font révérence. Les débordements c’est moi. Ce jardin on n’y comprend rien même moi j’ai du mal.

Gertrude couve encore dans le rosier rose le long du mur. C’est pourquoi Chuttttt.

Sur la première page de mon livre, dans les premières phrases, le matin des mots viennent. Puis je m’endors dessus et ils disparaissent.

C’est pour sauver ma peau, retirer cette couverture que la mort a posée, mais bien avant elle, le chemin du partir avait creusé sa maladie en moi, ton chemin maudit que je maudissais. C’est pour ne plus penser que ma vie se termine et lui offrir de commencer que moi je couve dans mon rosier.

.

.

Publicités

11 réflexions sur “grimpante

  1. Je suis en train d’écouter Gabriel’ message ( de Sting ) je trouve que ton texte que je trouve beau est en phase avec la mélodie musicale
    A++Sacha

  2. Ton adresse mail est en haut à gauche, à la fin de l’avertissement… T’as pas seulement mal aux dents, toi, tu as besoin de nouvelles lunettes.

    Tu n’imagines pas comme ce texte m’a parlé et remué aussi.

    Je n’en dirai pas plus, on s’comprend.

    Bises

  3. « C’est pour ne plus penser que ma vie se termine et lui offrir de commencer que moi je couve dans mon rosier. » Ça me bouleverse, moi, des phrases comme ça…

C'est ici qu'on cause...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s