Ces jours remplis, remplirons-nous ?

Aujourd’hui j’ai fait mon lutin vert. Ma collègue baillait, comme souvent, encore éreintée de sa vie quotidienne. Je lui ai apporté une fraise des bois du jardin dans un petit pot, pour sa fille. Trois mini fraises s’y prélassent en l’air au bout d’une tige.

Une de ses amies présente, passionnée de l’apprentissage de l’écrit chez les analphabètes, m’a parlé des lacunes des formateurs avec ce type de public, du manque de formation. Je lui ai raconté mes études de sociolinguistique, que j’ai adorées. Qui m’ont comblée dans bien des domaines, où le lien  entre langage et psycho-socio est évident. Visiblement ni ma collègue ni cette amie ne voient de quoi je parle, dommage pour elles. Je ne sais pas faire partager cette aventure et toutes les connaissances engrangées, c’est tellement puissant et vaste. Il faudrait tout expliquer depuis le début. Le cheminement de la communication depuis l’aube des temps, l’ethnolinguistique, l’anthropologie culturelle, la socio, la philo du langage, le structuralisme, la sémantique, la phonologie, le non verbal, la…, le…..Non, je ne sais pas tout dire en peu de temps dans une conversation anodine avec des personnes qui ne savent pas de quoi je parle.

Peu importe. J’ai fait mon lutin vert. Il y avait peu de dames présentes, beaucoup préparent leur voyage annuel chez elles, le ramadan est en juillet cette année. Peu importe, avec celles venues on a cuisiné des petits sablés et bu du thé. Les décos étaient superbes. Nappe et napperons de papier créés.

Je suis déjà ailleurs, maintenant je suis partie. j’ai fait mon taf deux années et demi. Autre chose m’attend, autre chose je vais prendre, y compris avec ces dames là.  » Tu restes avec nous hein ? » . Oui j’ai dit.

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Tu ne sais pas le bonheur que tu peux me faire.

Il y a des gens dans ma vie qui n’ont sans doute pas idée. Ils ne me contactent jamais, je renonce bien souvent à leur donner des nouvelles aussi car je ne sais pas faire avec leur silence. C’est embêtant. C’est un genre de poids.

Et parfois.

Tout à l’heure via la fesse des boucs, deux photos et un mot. Le truc qui me troue les fesses de chèvres que j’ai. Elle a répondu. Je l’ai connue alors qu’elle n’était pas encore née. Je sais si peu d’elle. Mais elle compte. Elle est de cette famille lointaine. J’aime sa mère comme une soeur. Elle a grandi loin de nous, puisque son père biologique est mon frère, mais elle en a un de vrai de père. Elle sait qui elle est. Elle porte un bout de mon prénom, elle vient d’être mère. Et j’ai eu droit à deux photos. Mon cul a des petits trous de joie, mon âme a fait un saut et elle ne le sait pas. Tout ce bien qu’elle peut me faire juste avec ça.

Je ne dois pas m’euphoriser, croire qu’elle ou sa mère m’en diront plus   » On va te telephoner  » me dit-elle. Je ne dois rien retenir, j’ai vu ce que ça donne. Je ne dois rien attendre. Mais j’attendrai.

Comme nous avons le coeur tendre avec ceux qui ont été là quand on y était ! Jeune, crevant de tout, malhabile, dévorés, du cuir chevelu jusqu’au bout du corps. Ceux aussi qu’on a vu naitre, qu’on a vu sourire, puis on pris des valises et ne sont jamais revenus.

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3 réflexions sur “Ces jours remplis, remplirons-nous ?

    1. humpf ? cad ? uh hu c’est trop fort pour moi ce jeu de mot JMDiesque, voyons, voyons,…les dents qui raclent le plancher ? le sourire sans dents méchantes, le dentier débusqué, la joie sans les épines, affamée sans dentier de rentier, les dents au plafond qui font tourner ??? watchou !!

C'est ici qu'on cause...

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