Ce qui passe comme un sang long à couler

 

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Je suis détachée de toi. C’est en arrivant au bout du bassin de la piscine douce et claire, juste avant de toucher de la main le mur carrelé, ce petit geste souverain qui fait du bien, c’est juste avant que j’ai réalisé que cette fois, je ne suis plus à toi. Tu n’es plus en moi. Je ne veux pas compter le nombre des années que ça m’a pris pour paraître encore plus ridicule que ce que c’est. Je ne sais pas nettement qui je suis ni comment j’aime, je ne veux pas dire que je sais quelque chose, que je me sens bien et différente, non. Mais plus rien ne me relie à toi, plus rien ne me colle au fond, plus rien ne m’attire vers ce que je n’ai pas, de toi, de moi. Je ne suis plus cette coquille de noix là.

Je ne dis pas que si je te revois je n’aurais pas immédiatement envie et besoin de te sauter dessus, d’enrouler mes jambes à tes jambes, d’enfouir ma bouche dans la tienne en retenant tes yeux. Non, ça, je ne peux pas dire, faudrait voir, mais ce serait une autre histoire, une toute autre histoire.

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