Pourquoi l’été ?

Je n’aime pas l’été. C’est venu progressivement.

La chaleur ? Oui, je n »aime pas quand le thermomètre monte au dessus de 28 degrés. C’est ma limite pour garder un cerveau entier. Je ne parle pas de ce qu’il y a dedans, mais juste d’une continuité raisonnable entre les neurones. Ils ne se rejoignent plus à partir de 30 degrés à l’ombre, sans vent particulièrement, sans pluies aussi, à sec donc, mais mou.

J’ai sans doute grillé des réserves sur le continent asiatique, où jeune et enflammée, je ne comptais pas, on vivait comme on pouvait, il fallait sortir en plein cagnard. Sous la chape d’humidité on s’épaississait la couenne, on résistait. On faisait comme les locaux en moins bien, eux ils siestaient au boulot. Un laotien, par exemple, ça s’arrête de faire semblant de travailler après 13h, pendant deux bonnes heures. Le collègue autochtone s’allonge sur son bureau, avec grâce et solidité, et dort. Dort sans faiblir, sans que rien ne le réveille.

Le réveiller tient du challenge, on essaie une fois, avec culpabilité, puis on laisse. Se sentant complètement con de vouloir bosser à 14h sous 40 degrés à l’ombre, sans pluies, sans vent. On s’assoie, on brasse quelques papiers, on prend un véhicule à deux ou quatre roues pour se rendre à un rendez-vous dans les locaux d’un Ministère, par exemple, où tout est propre et silencieux. Un plateau de thé vert léger vous attend sur une table basse, autour un canapé et deux fauteuils années 70, en skaï. Tasses de porcelaine blanches qui tintent et leurs petites fleurs d’un autre temps. En les voyant sur ce plateau, on ne sait plus où l’on est, ou, plus précisément, on ne sait pas comment on a pu en arriver là.  On fait semblant de se parler, tout est protocole. Le sarong est bien repassé, les jambes de l’étrangère se froissent dessous, cela suffira à calmer l’ennemi, à argumenter poliment. Le petit haut en soie brute couleur framboise, croisé devant, taillé par la couturière comme tout le reste, laisse les bras se tendre vers la tasse en dévoilant un peu plus que le bas du cou. L’ennemi, qui détient le pouvoir de te faire quitter le territoire dans les jours qui viennent, est troublé et on boit sans bruit avec un sourire, sans que les yeux ne se croisent.

Quand on ressort de là il est 16h et on ne tient plus debout au dehors, sous le choc d’une masse brûlante qui poisse et s’empare du corps telle une armure. Un pas coûte la peau et les os , deux aussi, trois, on roule. Y-aurait-il un de peu brise sous l’effet  des trente kilomètres heures du véhicule lancé sur l’unique avenue de la capitale ? Oui. On savoure ce provisoire eden. On rentre au bureau, les collègues décollent tout juste de leur table de sommeil et se déplient. On est quel jour au fait ?

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2 réflexions sur “Pourquoi l’été ?

  1. Le retour de ses enfants car voilà que depuis que les bébés ont quitté le nid gégère a totalement disparu, c’est dingue. C’est Bibi qui fait tout et Tatane le harcèle en lui collant aux basques. Mais je comprends la Gégère, depuis avril son temps, que dis je sa vie est dédiée aux nids. Deux créations, trois pontes dont la première ratée, nid abandonné un oeuf ouvert….Puis deux portées assumées dans le nid des rosiers.
    Ca mérité des vacances à St Tropez. Elle a pris sa valise et son maillot et zou…débrouilles toi le papa !

C'est ici qu'on cause...

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