Fraîcheur exquise

C’est une belle matinée fraîche en plein août. Il pleut enfin, depuis 24h, et tout le réclamait. Soif à grande bouche ouverte, tout, au jardin comme en moi. Bouche ouverte sous les gouttes. Soulagement

Je profite du froid qui réveille enfin mes neurones et ma lascivité pour avoir le courage d’ouvrir un document sur l’ordi, mon texte commencé l’année dernière, et le sortir de son hibernation qui commence à me ronger.

Soyons réaliste. Qu’est ce que je veux ? Ne visons pas l’Himalaya. Le mois dernier j’ai eu entre les mains cette longue lettre d’un aïeul, datée de 1888. Un brève instant de sa vie, son arrivée à New York (https://unechoseet.wordpress.com/2012/07/17/new-york-1888/) et ce fut un moment dans ma vie, un de ces moments qui comptent, qui peuvent faire la différence. D’une colline un Himalaya.

Je veux donc poser en phrases un ensemble de choses, à la fois de mon expérience avec ma mère démente sénile et à la fois d’une avancée sur le maintenant. Je veux poser le manteau, je construis le porte-manteau. Cela donnera une vingtaine de pages ou trente (je parle en format A4), et je veux, l’année prochaine, leur donner une forme regardable, des photocopies agrafées, par exemple, peu importe, et je veux avoir laissé ce paquet derrière moi. Donner ce texte à des membres de ma famille, ce serait bien suffisant déjà.

Y retravailler donc ( déjà énormément de filtrage et d’élagage depuis l’été 2011 !). Sans pression, retrouver le plaisir et la nécessité en restant simple dans mes objectifs. Réaliser.

.

Dans le silence qui s’installe, mon refus de me replonger vers ces souvenirs

Mais plus je les refuse ou plus je les range bien dans l’ombre, plus je m’agresse

Est ce que peu doit être écrit ? Juste des traits comme une calligraphie ? L’essentiel dans une forme minimale

Au fond je voudrais ranger tout ce que je raconte et tout ce que je ne veux plus dire et trouver les quatre phrases suffisantes

On ouvrirait un recueil de pages, le début serait blanc sur, disons, une dizaine de feuilles, puis un trait, un fragment serait visible. Un mouvement noir laissant deviner les poils épais d’un pinceau

Puis encore des pages vierges avec peut être quelques coulures, quelques poils indiquant que tout n’est pas déserté. La fin aussi serait blanche, des pages à tourner où rien n’est écrit et plus rien n’est à cacher.

Mais à un moment que je voudrais proche, à un moment il y aurait une forme parfaite, venue de tout le bras, de toute la main, de tout le corps. Produit d’une danse concentrée et lente. Parfois debout, parfois couchée.

Un geste de l’A au Z où tout ce qui est retenu trouve son exacte place. A la fois soulagement et effort, gracieusement.

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2 réflexions sur “Fraîcheur exquise

  1. oui, la pluie, quel bienfait….
    mes parents sont ici quelques jours , et en lisant tes lignes , je me dis que j’ai une grande chance de partager encore avec eux tant de moments intenses et légers à la fois, faits de complicité , de rires, de paroles, de gourmandises..
    Malgré les maux qui commencent à s’accumuler , vu leur âge , le plaisir quand même de ces retrouvailles, les pointes d’humour qui allègent.
    Les vacanciers du gîte doivent pester contre le ciel gris , mais V. est ravi pour le puits!
    Malgré le temps réduit consacré à l’ordi, j’aime toujours autant te lire.

C'est ici qu'on cause...

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