Consolacion, dite « Conso », l’au revoir

 Consolacion, son prénom était bien joli, il disait ses origines, dont je ne suis plus sûre, c’était en 1988. Consolacion part en terre aujourd’hui, heureuse sans doute de ne plus lutter contre son crabe depuis vendredi. Je viens de l’apprendre. Je n’étais plus du tout en contact avec cette belle personne qui était un pilier d’Ecoles Sans Frontières, la première ONG que je rencontre en avril 1988 et qui va changer ma vie.

Je ne sais plus comment était Conso, tout le monde la nomme ainsi, mais je me souviens que jamais elle ne jugeait. Elle avait cette présence douce, elle affirmait pour elle et elle laissait l’autre en faire ce qu’il voulait. Beaucoup de choses se sont vécues dans cette association où elle a donné sans compter des dizaines d’années, puis elle a analysé, pris du recul et bâti dans d’autres  domaines que la solidarité internationale, je crois. Et sûrement dans la solidarité, encore et toujours. Elle avait des opinions et une éthique, c’était une femme de croyances fortes. Je l’ai peut être revue en 89 ou en 90 quand je suis revenue de Thaïlande ? Elle n’était plus là en 1996 quand ils m’ont embauché pour le Laos.

C’est donc une impression lointaine, d’une femme brune, d’une voix, d’une bienveillance. Elle aura rencontré tant de personnes, épaulé tant d’expatriés, brassé tant de dossiers, monté tant de financements, participé à tant de réunions. Elle y avait mêlé sa vie amoureuse, un engagement pur. Puis une autre vie professionnelle, que je ne connais pas. Elle a été sur ma route à ce moment décisif, de ces gens décisifs qui ont fait que je suis partie loin travailler mais surtout rencontrer et changer ma vie radicalement. Douceur et bienveillance et engagement. J’aimerais prendre soin de cet héritage qu’elle laisse en moi sans le savoir, en silence, comme souvent.

Le mail envoyé par son compagnon offrait ce poème qu’elle a choisi pour nous saluer en traversant la rive. Elle ne savait pas que je le lirai aussi, merci à l’amie messagère qui a relayé le lien.

Le fil n’est pas coupé
L’amour ne disparaît jamais,

La mort n’est rien.

 Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
 Je suis moi, tu es toi.
 Ce que nous étions l’un pour l’autre,
 Nous le sommes toujours.
 Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
 N’emploie pas un ton différent,
Ne prends pas un air solennel ou triste.

 Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
 Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
 Que mon nom soit prononcé à la maison
 Comme il l’a toujours été,
 Sans emphase d’aucune sorte,
 Sans une trace d’ombre.
 La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
 Elle est ce qu’elle a toujours été.
 Le fil n’est pas coupé.
 Pourquoi serais-je hors de ta pensée
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
 Je t’attends, je ne suis pas loin,
 Juste de l’autre côté du chemin,
 Tu vois, tout est bien

 Consolacion a emprunté ce poème de « H Scott Holland »
 pour vous laisser comme message en tirant sa révérence

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2 réflexions sur “Consolacion, dite « Conso », l’au revoir

  1. j’ai été un peu vache avec elle , j’ai nettoyé la cabane de fond en comble….car j’ai cru aussi voir un gros rongeur sur une autre partie du jardin, face au champ…Ils ont faim et soif et euh….pas trop ici siouplé…

    sinon, comme Lou, tu te trompes d’endroit pour mettre le comm, il faut aller au début du texte sur ce modèle là…spagrave

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