Ce qui a été fait ne peut plus être fait ?

Aujourd’hui j’ai refusé un petit job qui me plaisait. Quelques heures de vacations de formatrice auprès d’un public de primo-arrivants, un public en or.

Oui mais à plus de 50 mns de route de chez moi.

Et alors ?

Oui je me suis posée la question plusieurs fois. Quand je suis arrivée ici il y a quinze années j’ai foncé sur ces job là, à presque une heure de chez moi de porte à porte, et j’ai adoré. J’ai tout appris, je me suis éclatée j’ai mis le pied à l’étrier et avancé.

Cette fois ci l’employeur était un gros employeur, un vivier de formateurs et de vacations en vrac. Et j’ai refusé de les dépanner sur une session, à l’arrache, il fallait démarrer dans 7 jours.

Je n’aime pas trop être embauchée à l’arrache, toutes les expériences que j’en ai eues se sont avérées pourrites à un moment ou un autre. Mais ce n’était pas le sujet. Le sujet c’était que je n’ai plus l’énergie de faire de la bagnole au delà d’une demie-heure pour aller bosser. C’était difficile d’expliquer cela à ces deux charmantes personnes qui voulaient que je les dépanne. Et qui n’avaient personne d’autre sous le coude.

Ce fut un petit deuil pour moi aussi que de renoncer à ces quelques heures d’éclate ( et de boulot, certes, et de fatigue et de prépa) avec ce groupe sans nul doute plein de vie, de questions, d’envies d’apprendre. Se rendre compte du poids de ce qui a déjà été fait, et ne se fera plus. De la fatigue accumulée, je dirais presque mentalement autant que physiquement. Ce que le corps a donné, sur les routes, en tension et bon vouloir, sans réflechir, de boulots en boulots, d’autoroutes en nationales variées par tous les temps. Tempêtes et trombes d’eaux où je ne vois plus la route et ses trois voies, neige qui se dépose et reste et je ne sais pas si je vais arriver chez moi, canicule mortelle de 2003 où je m’arrose la tête en conduisant entre Ardèche et Drôme où nous cuisons la bouche ouverte.

Et bien tout cela est resté dans mon corps et a fixé ses limites. Et là où je disais oui sans trembler il y a quinze ans, ou vingt cinq ( un avion pour le Laos, un départ pour Bangkok, un cuicui vers Phnom Penh), aujourd’hui je dis non.

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