Demain et ensuite un petit tour

Ce matin à l’atelier du mardi j’avais oublié mon appareil photo, le truc à absolument pas faire, surtout ce jour là.

Tout le monde créait des cartes de voeux, avec divers matériaux. Une ambiance hyper joyeuse. Certains tentaient les crayons aquarelle, d’autres préféraient la gouache, avec la gouache on utilisait les crayons comme pinceaux pour faire des petits pois. Cela m’a d’ailleurs donné plein d’idées. D’autres cousaient des mots et des morceaux de feuilles, plantes, tiges, laine, sur leur carte. Bref c’était joyeux et mes tites dames ont fait des trucs déments. H. m’a dévoilé son grand cahier où elle peint chez elle. J’en suis tombée sur les fesses. Je suis allée lui trouver des bics de couleurs en cadeau car elle aime dessiner avec. Elle n’articule pas un mot de français mais te parle sans arrêt.  Il va falloir bien  s’organiser avec ses oeuvres pour l’expo de mai. Je lui ai donné aussi du beau papier blanc, épais. On fera mieux en janvier. En tout cas depuis le début de l’atelier, en octobre, elle dessine chez elle encore plus et de plus en plus grand. Elle colle ses feuilles sur l’ancien carnet de compte-et-factures de son défunt époux. C’est son carnet de voyage intérieur. Il faudrait l’exposer tel que. Elle veut du bic rouge et rose  » cerises, cerises »…oui, oui, ça j’ai compris. J’ai dégoté du rouge. « Joli, joli ». Oui. En voilà une que j’aimerais emmener au Quai Branly à l’expo aborigène. Elle ressemble à un petit lutin avec son foulard à fleurs sur la tête et ses pommettes russes, hautes et rouges comme deux pommes. Voir cette femme peindre et voir ses dessins-de-la-maison te donne envie de soulever des montagnes. H. je l’ai vue arriver il y a deux ans dans les ateliers de français complètement fracassée. En agitation et chagrin perpétuels. Pleurant dès qu’elle évoque sa vie. Dormant dans les canapés de ses filles. Me ramenant ses tomates vertes en novembre. Elle venait avec son sac, ses médicaments, sa trousse de toilette. Epuisée, à vif. Elle commence à être plus calme, moins nerveuse. Mais c’est chez elle qu’elle dessine. L’atelier n’arrive pas à refléter ce qu’elle peut faire. Je crois qu’il lui faut du temps car elle aime la précision et elle entre progressivement en transe sur un dessin, qu’elle couvre souvent de petits points, des milliers de petits points. Puis elle fait de l’herbe, si elle dessine un arbre. Et cette herbe est comme des cheveux fins, brin après  brin.

Ensuite F. m’a invité à déjeuner. Elle m’a montré comment utiliser le tofu mais je crois qu’il faut déjà en acheter du bon. Ce coup ci elle l’a fait mariner une nuit entre du miel, du beurre de cacahouètes et du soja. Puis juste poêlé. Servi avec riz parfait et haricots verts succulents. Encore de quoi tomber sur mes fesses. Elle m’a appris à faire le Pho Bo vietnamien ( sa mère est une cuisinière vietnamienne hors pair) l’été dernier. Je lui en dois reconnaissance éternelle. Je lui ai dis.

Entre ces deux moments je suis repassée au magasin de beaux arts où j’ai commandé des encres. Puis j’ai demandé les prix pour quelques exemplaires photocopiés et reliés de mon bouquin. En livret ou en A4 ? Agrafé au milieu. Ah mais comment passer de l’A4 au livret ? Encore des énigmes. Et qu’est ce que je veux pour le moment ?

Il fait gris. Je sors les sacs que j’emmène à Paris. Croquis, photos, marche. Ne pas oublier les fleurs pour mes tantes. Jeudi  je visite la vieille sorcière qui va sur ses cent ans. Perdue de vue. J’y vais pour ma mère, parce qu’elle aimerait la revoir et que cette tante n’est pas venue au Père Lachaise dire adieu à sa petite soeur. J’y vais pour ne pas m’inscrire dans l’habitude qu’on a eu de laisser cette tante revêche au rebut. Elle m’aura vu avant de mourir, et moi aussi. Samedi une autre tante, sur mon trajet de bus entre gare de Lyon et Montparnasse pas de fleuriste. Ne pas se faire avoir comme la dernière fois. Le bus s’arrête devant chez elle et je n’avais pas de bouquet. L’acheter avant. La veille s’il le faut.

Mettre des bottes ou pas ? On a des questions métaphysiques quand on voyage.

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3 réflexions sur “Demain et ensuite un petit tour

  1. En livret ou en A4 ? Agrafé au milieu. Ah mais comment passer de l’A4 au livret ?
    je te montre comment coudre si tu veux, à la japonaise, à la française… moi j’adore. le livret blanc que tu as, si j’avais pu il aurait été cousu, je te montrerai les essais-épreuves . Sinon avec un massicot tu dessines un pli au milieu de tes pages, tu les plies tes pages A4 en A5 et c’est très beau…

  2. je te lis très tard , mais je mets le turbo pour finir le deuxième pull-jumeaux
    le « rentrage » des fils de couleurs est dément!!!
    je te souhaite bien de beaux moments à Paris
    ici, ce même samedi et dimanche les deux tiers de la tribu arrivent..
    c’est Noël ici..cette année
    bises!!

C'est ici qu'on cause...

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