Toute jouasse

J’ai passé une excellente journée. Pourquoi ? Parce que j’avais le temps et tout l’espace qu’il me faut. J’en avais été privée la semaine dernière et mijotait dans ma tête une revanche salée, rouge, bleue, sans limites.

P1360680

J’ai enlevé le lit de mon atelier et ce matin je me suis  régalée d’investir l’espace nouveau avec mes projets de peintures. Au sol et  au mur sur un carton d’un mètre de haut. Je me suis refait ma pièce à moi. Un coin thé, et même des gateaux et ce gingembre confit qu’une collègue m’a ramené du Vietnam.

Son fils y vit. Elle a détesté Ho Chi Minh car la circulation des deux roues et le bruit sont un calvaire. Elle a passé huit jours dans une ville du centre du pays et a pu faire du vélo au calme et vivre le quotidien plus traditionnel. Elle a trouvé les gens accueillants et aimables. Je lui ai dit que c’est parce qu’elle sait voyager humblement en prenant les pays et les peuples comme ils sont. Le Vietnam est un bon exemple pour tester le voyageur. Les touristes qui attendent leur dû, veulent tout voir, tout prendre et donc qu’on leur donne tout en courbant le dos, ceux là n’aiment pas les vietnamiens. C’est bien fait pour eux. C’est un pays où personne ne te fera de courbettes si tu ne le mérites pas et où, oui, on peut faire la tronche aux touristes, pour qui se prennent-ils ? J’ai aimé cela quand j’y suis allée. Je dis Bravo. Bravo, ai-je dit aussi à ma collègue, tu as su te couler dans leur moule, les amadouer, tu n’étais pas au supermarché du voyage.

Avec tout mon espace et cette soif que j’avais gardée de m’occuper de moi et moi seule, oui, j’ai passé une belle journée. J’ai repris trois croquis, j’ai fait deux trucs-essais ( des tapis peints à la gouache sur du papier peint)  pour l’atelier du mardi, et un dernier croquis à l’encre. Je me suis gavée de bien être. Demain ne sera pas du même acabit, il faut donc être boulimique de plaisir quand on le peut.

J’ai même surpris Mimi, la chatte de la placette, entrain de faire sa toilette sur le toit de la voiture devant la maison. Elle est très belle et maligne. Elle passe dans le jardin et pisse sur mes framboisiers toute debout en me regardant droit dans les zieux en attendant que je la chasse bruyamment. Elle ne se laisse pas approcher. Je ne lui en veux pour rien car elle fut là pour m’accueillir avant même que je ne vive ici. Je n’avais que la clé du portail pour jardiner avant d’être pleinement proprio des lieux. Et un jour de soleil elle est passée. M’a montré qu’elle régnait depuis des années dans ce jardin abandonné et comme je ne bougeais pas, accroupie à l’amadouer, espérant la faire venir,  elle est bien venue faire son dos rond sur mon flanc, à peine, histoire que je voie comment ça serait. Mais toi pas touche. Moi pas touche. Depuis, Matou chez moi il y a et hors du jardin elle est censée rester.

P1360666

.

.

Publicités