L’invention du passé

 

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Je n’ai plus aucune raison de croire en toi. C’est même à se demander si je n’ai pas tout inventé.

C’est vrai, que fabriquons-nous quand nous aimons, quand je t’ai aimé comme ça ? J’ai tout inventé il faut que je l’avoue mais à qui ?

Je l’ai inventé si fort que je me suis prise dedans. Que j’ai soulevé le réel comme un grand bloc de granit, comme ces pierres d’Angkor qui sortent d’un tremblement de terre de milliers d’années. Se reposent ensuite bringuebalées pour deux balles. Aux fissures d’air aux destins asséchés. Et tiennent. Sans plus se retourner. Sans déconner.

Je me suis beaucoup retournée, j’ai remis mes pattes dans la fange, dans les restes. Et j’ai tant fait l’archéologie de nos sentiments et de nos actes, creusé les poteries, détaillé les lignes rouillées. Celles, anges gardés. Que d’anges il n’y a plus. Il n’y a plus rien qui tienne debout, l’écroulement est constant et solide, plus rien à effriter.  Même les souvenirs ont fait la malle, serpents venimeux partis en charmer d’autres. C’est mort, c’est plombé, vestiges scellés. J’avais tout inventé.

 

 

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