Dans nos vies de Sibérie

Dans les forêts de sibéries

C’est le livre de Sylvain Tesson que je lis. Vite, avec appétit, merci, ça faisait longtemps.

Un récit d’une expérience dans une cabane de trois mètres sur trois. Vodka, pates et tabasco et puis enfin les premiers poissons pêchés d’avril.

Neige, glace, moins trente degrés tant qu’on y est. Arrivée en février, je suis en avril. Il part en juillet, profitons de tout le temps.  Pêcheurs et gardiens de la réserve passent en trombe et créent des remous parfois pénibles dans l’organisation de l’ermitage. Mayonnaise sur les tranches de saucisson, vodka, bière. On se saoule un soir sur deux dans la cabane. Froid ? Solitude ? La petite mésange amène ses copines, elle est la seule compagnie de la maisonnée. On la chérit. Et « je ne me moquerais plus jamais… » dit-il,… des mémés et leurs toutous, des gens sur les bancs nourrissant les pigeons l’air vague et béat.

Vivre seul, vivre en ermite, vivre loin. Couper son bois, le poele est le maître des lieux. Sans lui pas de vie. Creuser la glace, puiser son eau. reconnaître chaque cèdre, construire une table, voir les tempêtes arriver, penser au printemps. Repérer la trace du lynx. Faire trente deux kilomètres à pied pour voir un voisin, ou trois jours pour revenir chez soi. Ca occupe.

Lire. Il avait choisi méticuleusement les livres sauf un. Oubli : un livre de peintures pour voir des visages. Ah oui, je n’y aurais pas pensé non plus. Ecrire. Chaque jour dans son journal de bord, sans cela le vivre ne sonnerait pas pareil.

Pendant ce temps l’oiseau sorti du nid samedi a souffert le froid, la pluie intense et la neige. On ne savait pas où il se cachait. Ce matin je l’entends à nouveau. Je connais le petit cri des juvéniles qui ne sont pas autonomes. Heureux celui qui ne le connait pas, il ne se fera pas de souci. Mais ce midi, oh, c’est sur le rebord de ma fenêtre qu’il est posé. Il sait donc voler ? J’essaie de le photographier sans qu’il me voie. Je monte sur un tabouret. Et ensuite, oh, il vole ! Il part comme un vrai oiseau, ses ailes noires se déploient en flèche,  il part. Il est sur le balcon à côté. Puis dans la haie puis reviendra sur le balcon.

Ozio vole. Je n’ai plus de souci à me faire.

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Il n’a toujours pas perdu ses restes de duvet sur le crâne.

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