4th of July

Aujourd’hui j’ai posté deux enveloppes qui vont encore mettre trois plombes pour arriver. La postière m’a dit que quand c’est bariolé ça ne passe pas au tri machine mais au tri manuel alors rien à déclarer . Même si tu payes tarif plein pot, c’est pareil. La dernière ( pourtant juste un petit arbre sur l’enveloppe, c’est tout) a mis une semaine de Drôme à Ardèche. Même avec mon vieux tacot je fais mieux.

Hier notre jimidi qui concocte la prochaine revue Scribulations et ses recueils de textes, m’envoie mes textes repris par Maya. Honneur à ceux qui ont le courage et le talent de nous relire, de nous corriger et de proposer des modifications si on veut.  Le mail de JMD prenait des gants avec trois chapitres explicatifs pour que l’auteur ne prenne pas la mouche au vif. Il a raison de faire des jambettes en rond. Sur le coup j’ai eu les chocottes comme si on m’annonçait une maladie incurable  » votre texte doit passer en chimio, voyez le résultat »  » si vous le souhaitez vous pouvez refuser tout traitement mais alors ce sera à vos dépends, signez là. » Brrrr. Puis je me suis reprise et j’ai regardé les suggestions de Maya. C’est très rigolo de voir quelqu’un s’approprier vos mots et leur donner des tournures autres. Parfois c’est bien mieux, surtout quand les dits textes vous les aviez écrits icitte d’un trait, pas pour être publiés, juste pour le fun. J’ai gardé certaines modifications et pas d’autres. Ce que Maya proposait était presque toujours pour rendre le texte plus simple à lire, pas casse-tête et plus classique dans sa forme. J’ai gardé mes formules à l’emporte-pièce qui font le petit grain du texte d’un style plus parlé que bien écrit, parfois même enfantin dans la manière de raconter. Je me suis rendue compte de ça, sur les oiseaux (Gertrude, etc) en fait j’écris comme un enfant raconte une histoire qu’il invente au fur et à mesure, donc maladresses, « mauvais français » même. J’en ai gardé, je ne veux pas que ce soit un texte comme n’importe qui aurait pu l’écrire, c’est à dire bien léché, joli, coulant tout seul mais sans gratte-poil ou sans zigouilleries, ou sans erreurs et tâches de peinture.

C’est aussi pour cela que je me régale en lisant le premier livre de Peter Heller « La constellation du chien ». Bravo.  Un style très déroutant à la limite de l’énigme parfois. Mais avec une maousse personnalité. Le héros le doigt sur la gâchette, inutile d’insister. Ce qu’il y a de très bien c’est que les atmosphères varient autant que les styles. On n’en veut pas à Peter de nous presser un peu le cerveau parfois et de nous faire relire ce qu’on vient de lire car sur d’autres passages il est lyrique, simple, en phrases de chez phrases où  tout est bouclé plus classiquement . Dans les passages abrupts, en rappel les mots cognent, il faut le lire à haute voix, le gars il te raconte. Et si un mot compte double il le pose tout seul. Un point avant, un point après, fait pas chier. Encore. Si troublant. J’aime beaucoup. Et Ô Joie je retrouve des modulés, des rythmes et des fins de phrases têtues qui me ressemblent. Et ressemblent à Tifenn quand elle écrit, quand elle écrivait beaucoup ( pas en ce moment) et comme elle va écrire plus tard. Nous en avons parlé chez elle, au bord de la Ria. On se connaissait depuis quatre ans par le net et c’est l’écriture qui avait tissé sa toile. Et on s’est vues. En cinq jours j’ai vu quatre personnes, deux amies et leurs conjoints, que je ne connaissais que par le net. Je ne peux pas en dire plus parce que c’est trop beau, doux, bizarre, un peu frôlant l’irréel et surtout la liberté. Oui on peut parler de la liberté, de l’existence, des surprises aussi belles que les paysages bretons dans lesquels elles vivent ces femmes là.

Peter Heller écrit comme Tifenn et moi (non je déc…..), sauf qu’il écrit, lui, c’est sa vie. Plutôt des articles, plutôt sur l’environnement et l’écologie. Et là The Book. Je n’en suis qu’au tiers mais hier j’ai pleuré. Son chien au bord de la rivière, tu verras. L’histoire se situe dans un monde de survie, quand on aura suffisamment gâché la planète et transmis des virus mortels internationalement pour que des survivants se retranchent en comptant les canettes de coca volées dans des camions accidentés au milieu de la route au milieu de rien. D’ailleurs il ne reste plus que des arcs et des flèches pour se défendre. Mais pas eux, pas Hig, le héros qui veut garder en mémoire l’humanité d’avant ( tu sais ce truc avec des « sentiments »), et Bangley ( ne l’appelez pas Bruce) , le cinglé des armes qui dégomme tout ce qui bouge, tout cinglé dégénéré qui ne pense qu’à vous bouffer la moelle. Ils ont déclaré Fort Knox et c’est pas de la rigolade. Tu verras.

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Je voulais aussi parler du silence de ceux que tu aimes mais qui n’ont rien à te dire, rien à signaler. Mais c’est vraiment très compliqué, peut être ne vaut-il mieux pas y réfléchir ?

 

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8 réflexions sur “4th of July

  1. Je te lis très suvent…et la plupart du temps..J’aime !!!!

    Quand j’aime moins, c’est que je n suis pas en forme ! ! Et en ce moment, je n’écris pas..

    J’erre silencieuse, perdue entre de mauvais résultats d’analyses en labo,
    une biopsie ( en Compagnie d’un escadron d’autres examens) et petit doigt sur la couture du pantalon, nous attendons les résultats

    1. Attendre les résultats c’est le pire, j’aime mieux être au coeur de la bataille
      Mais avoir des résultats interprétés de ci de là différemment c’est ch……aussi…on en est là depuis hier, nous, Lui. La maladie fait partie de la vie, on dit, oui mais des fois on veut bien qu’elle s’en aille et rêver d’un TOUT bien joli.
      Prendre le fil de la vie avec ses noeuds

      1. « the best » je pense que c’est ce que tu veux dire
        wish you the best : on vous souhaite le meilleur

        « the must » c’est comme  » c’est le pied, c’est extra » »c’est sans égal »…..hors contexte donc ici, je pense
        hi hi I love english, that’s why

  2. J’ai commencé à te lire et à sourire face aux mystères de la Poste et à la mécanisation du travail qui n’a qu’un but, déshumaniser le travail. Je n’en veux même pas à la Poste, même si je ne considère plus mon facteur comme un facteur, même si mon facteur qui n’est plus un facteur ne passe pas tous les jours, même si je râle parce que mon Facteur n’a pas délivré aujourd’hui mon bouquin tant attendu ou à voler mes tickets restaurants.

    Et puis, j’ai vu que tu parlais de la Constellation du Chien. J’ai pas pleuré, pas encore. Mais j’ai arrêté de te lire, parce que j’ai ouvert les premières pages du bouquin de Peter Heller et que je n’ai pas envie d’en savoir plus, de découvrir en avance ce qui va suivre, parce que cette lecture est prometteuse, que je l’attendais depuis plus d’un mois (pour une fois, je ne remets pas en cause le travail de mon facteur). Alors je reviendrais lire ce que tu en dis, de ce bouquin, de Hig et de Bangley. Peut-être que je vais pleurer ce soir dans mon lit, ou demain matin dans le métro, avant d’arriver au boulot, un boulot presqu’aussi mécanisable qu’à la Poste, peut-être même que je rajouterai des codes de mises sous plis pour que La Poste achemine plus vite les courriers de ma société…

    1. je crois que tu peux lire, je ne dévoile jamais trop. sur l’histoire mais je parle du style…et comme toi c’est en cours….super alors, hop Vive la constellation du chien !

      Pour la Poste c’est très inégal, j’ai envoyé cette semaine une enveloppe très peinte en me disant que…..et ben elle a mis deux jours pour atteindre le fond de la Bretagne, alors….on ne sait pas. Mais il est loin le temps où une amie plasticienne m’envoyait des messages….sur des cailloux beaux et lisses et ronds avec mon adresse sur étiquette au bout d’une ficelle !

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