Les nouveaux dans les arbres

Le merisier est leur terrain de jeu, leur cantine et leur terrain d’atterrissage. Ils y viennent à plusieurs. Cette année les juvéniles des deux portées de merles ( mai et juin..la troisième en juillet)  sont groupés. Il se font des virées à deux trois, et tout schuss sur le merisier parfois à cinq. Ils se tirent des bourres, le premier qui se pose sur la branche, pousse-toi d’là espèce de Bubu ! Ils ne restent pas longtemps, le leader repart survolté vers le jardin voisin, un, deux suivent, les autres reprennent leur souffle et s’attardent à tirer sur une merise jusqu’à ce qu’elle tombe dans l’herbe. Qui c’est qui ramasse leurs conneries ? Moi. Je prends les merises et les lance sur le toit de la cabane.

Sur la cabane il y a maintenant deux récipients pour l’eau. Du bain et de la soif. Il y a un petit désaccord à la maison concernant les tourterelles. Depuis deux ans je leur ai signifié d’aller voir et boire ailleurs. Pourquoi ? Pour protéger les petits, surtout en hiver. Des tourterelles c’est comme des poules, faudrait que je quadruple mon budget graines. Et elles mangent vite, elles te dévorent une ration qui ferait la journée avec les petites mésanges et les moineaux. Je me suis spécialisée en petits oiseaux, je ne suis pas prête à ouvrir aux pigeons. Mais on me dit que c’est cruel. Pas sympa. Bof.

Il est vrai qu’elles sont attendrissantes, mais surtout je les trouve pataudes et bênettes. Ce n’est pas que je soies entrain de monter un centre de formation pour surdoués mais quand même, j’ai bien envie de leur refuser l’accès à mon jardin luxueux, à mes graines luxueuses, accompagnées de graisse en petits paquets et de riz collé les jours de grand frimas. Avec elles en supplément à la cantine, il va falloir  des gamelles entières et des sacs de dix kilos de nourriture. Alors ? Alors j’hésite entre ma culpabilité et ma bêtise. On les a nommées les Célestines. Hier une Célestine est passée boire et je l’ai chassée en claquant des mains. Elle m’a tout d’abord regardé comme si une guêpe me piquait ou si je perdais ma raison puis elle est allée bouder sur le fil électrique. Je suis allée lui parler. Elle tournait la tête, juste l’oeil, vers moi, très peinée. Peinée surtout parce qu’elle avait perdu sa Célestine. Elles viennent toujours ensemble et je n’en vois plus qu’une. A la maison on a continué de me dire que je devais m’excuser auprès d’elle et ne pas rajouter à son malheur si en plus elle est esseulée. Je n’ai aucun coeur.

Parmi les juvéniles il y a une petite qui cherche à s’incruster. Elle s’appelle Fouine Timide. Elle est petite, sans doute la portée de juin. Elle est encore très tachetée comme une grive. Elle est un peu malhabile pour atterrir sur les branches souples. Je ne me moque pas, je ne dis rien, je ne sais pas faire. Mais elle fait du bruit, quoi, elle panique un peu. Elle panique toute seule, à ployer dans le merisier et à attendre longtemps avant de savoir où attraper sa merise. Puis elle s’enfuit sur les arbustes autour et trouve moyen de faire encore du barouf. Hier je la vois au sol qui picore. Elle ne picore rien, elle cherche, elle aime bien faire semblant. Je suis assise pas loin. Je la regarde en coin, avec l’oeil, je sais faire moi aussi. Elle tourne la tête et pose son oeil sur ma personne. Elle fait connaissance.

Elle est à la fois timide mais effrontée, enfin elle essaye. Elle est entrain de s’approprier un quartier, toute la zone piétonne devant la maison, le chemin dallé, devant la baie vitrée aussi, le côté sud. Je suis souvent dans la salle, debout sur le tapis précisément face à la baie vitrée, je fais du Qi gong et elle passe et repasse. Elle est gracile et a de longues jambes fines. Très jolie. Une gracieuse. Elle me voit et recule très vite, sautille, se cache. Je suis obligée d’arrêter mes exercices et de me mettre en planque derrière un meuble, ma tête cachée par un abat-jour, je laisse un oeil sortir. Elle revient. Je m’accroupis un peu plus pour qu’elle me confonde avec un décor de salon. Elle est là, avec ses jolies gambettes haute sur pattes. Elle trifouille, elle tape entre les dalles. Fait semblant de trouver quelque chose mais je crois qu’elle ne mange rien du tout, je ne vois pas ce qu’il y aurait là. Elle fait mine. Elle fait la grande, elle joue à la maman-merle qui cherche le repas de ses petits et n’aurait pas peur des humains. Fouine Timide c’est une future Gertrude. Elle a un nom d’indienne, je la verrais bien avec deux tresses noires de chaque côté.

.

Photo de Bibi, je papa de tous.

dans le merisier (2)

2012. Tatane,  qui ne savait pas voler et est morte là, au coin à droite, 24h après cette photo. La Cata sur pattes.

P1300272

Pas de photos de Fouine Timide, elle est trop timide.

.

Publicités

C'est ici qu'on cause...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s