La beauté c’est pas compliqué

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Dans l’air tout est translucide. Je pensais voir du monde mais non. Il n’est pas encore 10h et le soleil traverse les rochers juste à ce moment. Donc tout est frais. Il y a une pureté dans l’air, on dit  » l’air » pour cet invisible autour de nous parce qu’on ne sait pas nommer. Ce matin c’est autre chose. Il y a de la liberté, de la fraîcheur et cette solitude bien aimée, douce, cette libre d’aller, flottée dans le vert lumineux de la petite rivière qui s’ébat en été, en automne, en hiver, au printemps, tout le temps je la vois.

C’est un lieu comme un ami. Comme un ami comme on les rêve. Silencieux mais toujours là et très bavard tout à coup. Un ami chez qui on peut aller quand on veut, tout le temps. Sous mes pieds et en hauteur, tout est chaleureux. Il y a les saules que j’ai toujours aimés, depuis mon premier jardin.

Je suis étonnée, encore plus que d’habitude. Ce lieu me surprend chaque fois, il n’y a aucune lassitude. J’y viens parfois lasse, moi, mais j’en reviens toujours soulagée, enivrée. C’est un écrin ici. Tout petit mais pas fragile. Accroché. C’est lui qui te regarde plus que tu ne le regardes. Il est toujours là. La rivière s’élargit après les gorges très étroites. Certains partent en plongée à cet endroit précis où le vert devient noir et part. Au retour sur le parking je vois trois personnes préparer leur matériel. Leurs bouteilles d’oxygène sont posées au sol, très fières. Elles vont contenir leurs vies. Et je me demande à quoi ressemble l’oxygène dans les bouteilles dorées des plongeurs.

Je marche sur les quais. Un papa passe avec son bébé sur le ventre. La maman attend sur le banc avec la petite fille.Je ne connais pas leur langue. Je découvre des maisons refaites très habitées et une glycine extraordinaire qui est un corps avec des bras, les bras se posent sur les fenêtres et les rebords de balcon. Elle aime les habitants de cette maison, sur trois étages et tout en haut une petite terrasse en bois dont ne voit rien ou presque. Un nid perché au bord de l’eau.

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La vie ici est simple ce matin, et d’une beauté légère qui n’attend personne. M’y promener dans ce soleil qui surgit, rester à l’ombre quand ça me plait, lever la tête vers les toitures, découvrir des sièges confortables posés sur les terrasses. Je n’ai plus envie de partir. Je resterais bien à la même heure au même endroit, sans que les minutes ne s’écoulent. Je ne veux pas qu’il soit 11h ni midi ni un début d’après-midi de la même journée ni du lendemain. Je veux me fondre dans cette heure douce, heureuse, je regarde l’eau verte à la lisière du sable qui se tend vers elle. Un alignement de gros cailloux me séduit. Je ne sais pas les prendre en photo, ils ont l’air patauds et statiques, ce qu’ils ne sont pas. Je me cache à l’ombre contre le mur de pierres et cette brèche entre deux murs. Je me cache et j’aime l’autre rive en face de moi. Ses remous dociles dans l’ombre des saules et leurs ombres mêlées, celles de l’arbre et celles de l’eau.

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La beauté ce n’est pas compliqué, dis-je au grand mur de pierres où un petit noisetier s’est implanté et balance ses noisettes drôles comme des hochets.

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2 réflexions sur “La beauté c’est pas compliqué

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