on ne se…Manille (1)

Nils rencontre Antoine. Celui-ci travaille dans un grand immeuble situé entre le quartier des grands magasins et la zone des résidences surveillées où il vit. C’est étonnant de sa part mais c’est un logement de fonction qui ne se refuse pas. Il n’est pas simple de trouver un quartier tranquille à Manille sans devoir faire une quinzaine de kilomètres hors de la ville. Se pose alors le problème des embouteillages qui congestionnent tout déplacement en deux ou quatre roues, sans compter l’asphyxie conséquente matin et soir. Il arrive des matins où des automobilistes quittent leur véhicule et le laissent sur le bas côté pour continuer à pied !

Nils rencontre Antoine dans son bureau du quatorzième étage. Un bureau grand comme un appartement, séparé en quatre cloisons derrière lesquelles chaque fois un grand bureau en bois. Celui d’Antoine est tout au bout, tout droit à gauche, une baie vitrée derrière, avec vue sur la colline Est de Puerta Rica. Le jour où Nils est là les autres bureaux ne sont pas occupés.

Antoine rencontre Nils qui sort de l’aéroport et est venu en taxi, bien sûr. Il est déjà passé dans la capitale lors de vacances, en transit vers l’île de Palawan tout au sud. Il avait aussi pris un taxi pour se rendre au port. Le trajet ce matin lui semble moins long, le quartier est directement accessible par la deuxième bretelle de l’autoroute, pas besoin de passer par le centre ville. Il est tout frais quand il sonne en bas, à l’interphone, et donne son nom et son heure de rendez-vous. L’immeuble est sécurisé et abrite trois antennes des Nations unies, deux entreprises commerciales et le siège d’une banque internationale, entre autres.

Il est rejoint par deux jeunes femmes dans l’ascenseur, deux philippines. La queue de cheval, très haute, de l’une d’elle se balance de droite à gauche comme une pendule au fur et à mesure qu’ils grimpent et que la discussion s’anime entre elles. Elles parlent leur langue et il ne comprend pas un mot mais cette diversion l’amuse et le fait atterrir en douceur. Sous l’air glacial de la climatisation il descend au quatorzième laissant les deux femmes papoter. Elles ne s’aperçoivent même pas qu’il sort de l’ascenseur et continuent sans faiblir sur le même rythme.

Le bureau d’Antoine est en bois clair et épais. Un meuble qu’on ne peut déplacer seul. Une statue de Kali en bronze est posée à gauche, devant une pile de dossiers. Tout les autres documents sont surement rangés dans le meuble à deux portes coulissantes, contre le mur, ou ailleurs dans un sous-sol bourré d’archives et de cartes, de rapports et de circulaires. Sur les trois côtés disponibles, deux cloisons amovibles et le mur du fond de la pièce, des tentures sont punaisées. Des animaux s’y ébattent au milieu de forêts tropicales sur des fonds de couleur bleu foncé avec des parties turquoises. Une tenture plus petite représente  un couple indien dans une posture du kama-sutra. Ils sont peints finement en blanc sur un fond carmin et des tas de papillons volettent autour d’eux, noirs, jaunes et verts. Cette représentation est bien sûr extrêmement attirante et il est difficile de détacher des yeux qui s’y seraient posés par hasard, en passant. Nils, qui en a vu d’autres, laisse son regard passer sans retenir la beauté du motif. Plus tard…

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