Joie et peine

Aujourd’hui je suis partagée.

Il y a le soleil. Il arrive maintenant d’un coup ici. Le printemps pousse derrière lui, tous les deux se pavanent sans qu’on n’y comprenne rien. Puis la pluie revient et change nos caps terrestres.

Hier je me caillais dans une ferme mal chauffée pour une réunion de travail, en hauteur, dans un bel endroit mais il a plu toute la journée. C’est le lieu qui était en altitude, la réunion sans plus, pas ras des pâquerettes mais, meuh.

Aujourd’hui il fait 28 degrés sur ma terrasse à midi et je me mets pieds nus. Je pars voir la jument Nymphéa ( j’ai remis des chaussures) qui broute avec application une herbe qui vient de pousser. Les brins verts ont à peine 5 cms mais la jument se les goinfre à grands coups de dents et de langue. J’ai vu de près, elle part avaler avec sa langue-aspirateur, après avoir passé sa tondeuse dentaire.

Et puis c’est triste aussi,  mon ami TiLapin chat -d’une amie- est parti. Depuis hier je me faisais du souci. C’est un problème les chats qui partent. On ne sait plus par quel bout prendre cette perte. Heureusement certains félins sont gâtés et ont leur jumeau sur terre, leur ami ou amie, leur soeur, leur frère chez les humains à deux pattes. Qui les garde au chaud, leur tient la main jusqu’au bout. Et mon TiLapin  il a eu la chance d’être avec elle, une fée qui l’a guidé, aidé, soigné. On fait cela. Et puis on pleure. La mort d »un chat vous renouvelle le stock de larmes comme c’est pas possible. On dira que c’est bon pour le teint.

Donc, je résume. Le soleil a brillé comme un cinglé pour la première journée sans mon bel ami gris et bleu, mon copain qui ouvrait la porte et régnait chez mon amie. Lumière et ombre, chaleurs réunies. Pour ma part, les deux mois qui suivent ce genre de perte terrible ne sont pas comme les autres. Toute cette énergie, cette empathie à soigner puis un vide sidéral quand on ne tient plus papatte dans la main, quand papatte ne tient plus votre main. Il y a la vie, est-elle partie ? Où est-elle ? Il y a de belles et douces fins. Il y a qu’on a tout fait mais qu’il faut laisser faire. Les chats connaissent la patience, le retrait, le silence, l’acceptation de ce qui arrive, le repli. Leur façon d’être nous apprend tous les jours. S’agiter, certes. Mais surtout  observer et se faire du bien, surtout si on va mal. Dormir, ralentir le rythme, se positionner, être lent et précautionneux quand c’est le bon moment. Se dorer au soleil, écouter les oiseaux. Boire un verre en terrasse. Faire des gestes ralentis. Border nos yeux de kohl étrange, lécher ses doigts après avoir repris des cacahouètes ou des olives. Là au soleil en terrasse regarder les gens passer qui ont tous quelque chose de beau et rigolo. S’aimer toujours. Se garder. Marcher comme pour la première fois dans les rues de Paris. Le vent caresse une joue, une mèche de cheveux tombe sur les sourcils. Entre les coussinets tiens ça me gratte, je vais m’asseoir sur ce banc.

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