Elle part (on ne se…)

Puisqu’il est si facile de partir, dit-elle souvent, elle s’installe dans la voiture précautionneusement. Elle a déposé son sac à l’arrière, elle n’aime pas les coffres de voiture et son sac est petit. Elle tremble entre les deux épaules et au bout des doigts. Elle ne conduit pas. Elle n’aime pas qu’on la conduise à la gare mais parfois elle se laisse faire en précisant de la laisser à l’arrivée sans manières. L’arrivée en gare est son départ. Personne n’a de place entre son voyage et elle. Le voyage est un être précieux et susceptible. Il est intolérant avec les parasites, les porteurs de bagages, les larmoiements de bienveillance, des intrus, tout bonnement, se croyant bons mais qui lui prennent égoïstement des morceaux d’un moment unique. A elle, sans partage. Etre pour soi. Elle sort du quotidien, et eux avec, ouste du balai. Elle veut être étrangère, chaque minute compte. Elle est impitoyable avec eux, comme avec elle-même, chose que personne ne sait. Ils pensent qu’elle vit facilement, comme elle en prend l’air.

Elle s’assoit dans la voiture et se tait. Elle ne voit rien à dire qui entre dans son cadre présent. Elle a peur un tout petit peu, de cette peur qu’elle va faire basculer dans l’inconnu chéri. Certes elle sait où elle va et y a déjà été mais nous ne sommes jamais pareils. Chaque mouvement fait reculer le réel pour laisser place au mystère qui attend.

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