Plage de vie

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La mer était parfaite. Translucide comme je la vois rarement sur cette côte du sud. Nous étions en Camargue.

Parfaite, claire, belle, seule, fraiche au début mais longue en bouche à la fin et toute pour nous.

Hier matin particulièrement, avec pique-nique avant départ. Parasol dos au vent, avec bords qui froufroutent.

Tomates, fromage, concombre, non je ne vais pas te donner le menu. Sans sable, en tout cas. Je suis une experte. Démarrage au berceau. Crises de nerfs à quatre ans si un  grain de sable s’infiltrait dans la petite culotte à remettre avec les panards pas secs. Tu vois le plan. Jambes en canards, on s’appuie sur les épaules de maman. Le petit seau d’eau à côté s’il faut, pour faire trempette-paillasson.

On a vu des petites filles très très sages au bord de l’eau. Jouant, dans leur monde. Une poucette de cinq ans solitaire, rêveuse, patés de sables, enterrement des jambes, cheveux noirs au vent, doucette en maillot rayé une pièce. IL s’étonnait de tant de calme et d’affairement joli.  » J’étais comme ça quand j’étais petite » je lui dis. On ne s’ennuie jamais, on invente tout, on a besoin de personne, surtout pas au bord de la mer. Lui avait un frère quasi jumeau de coeur, inséparables toute leur enfance, jeux, jeux jeux de garçons, jeux jeux, jamais seuls, jamais. Ainsi nous nous forgeons.

Les parents de la mignonne (et  de sa soeur de dix ans) la laissaient totalement libre. Silencieux eux aussi, tranquilles, chacun sur sa serviette, vaquant. Une autre famille arrive, deux fillettes hurlent pendant un quart d’heure puis s’agitent comme des pantins entre sable et eau. Elles jouent aussi mais c’est pas les mêmes. C’est pas les mêmes parents, que je lui dis. Ah ben oui. Bon quand ça a commencé à se remplir vers 13h il était temps de reprendre la route. Dites donc y’en a du monde sur l’autoroute !! On se serait presque cru en été. Je n’aime plus les autoroutes. Elle me stressent surtout si je ne conduis pas.

L’hôtel était bien. Pépère avec un très bon restaurant sur une avenue isolée bordée de platanes immenses. Des vieux, comme nous, et des groupes d’étrangers dont nous ne reconnaissons pas la langue, c’est à dire ni italien, ni espagnol, ni anglais ni allemand ni portugais ni arabe ni chinois etc. Idem sur la plage, idem aux Saintes Marie de la mer. Néerlandais ? Flamand ? Suisse romande ? Tchéquie ? Rien compris. A l’aller sur une aire de repos ravagée par le mistral, à 11h30 un car allemand s’arrête. Incrédule je les vois déplier leur contenu de vieux bien alertes agrémentés de bancs et tables rouges bien solides, du matos de pique-nique de pointe.  Tout le monde s’aligne et se fait servir dans des assiettes de porcelaine une potée-soupe chaude composée de choux, carottes et patates. La putain d’organisation !! Seule une poignée de mamies rebelles s’installe avec nous sur les tables horribles où on ne peut rien poser car tout s’envole vers le caniveau en contrebas, verdâtre cauchemardesque et puant. Le chapeau de l’Homme dévale la pente et s’y pose. Beurk. Heureusement il y a de l’eau dans des toilettes très propres.

Au retour on s’arrête dans l’immense aire « de Mornas » avant Montélimar.Ne t’y arrête pas. C’est trop. Il y a un carrefour market, une grande cafétéria comme « celle de la maison »…C’est le temple de la consommation et tout le monde y vient. Tous les Mimiles, les mômes, les gras, les mous, les chiens, la misère écrevisse en short et marcel. J’ai fui. Les portes des toilettes-femmes sont peintes de lavandes et de jaune canari et c’est propre mais après j’ai fui. Retour dans la voiture sous 40 degrés. Mieux vaut crever de chaud à l’abri que de s’exposer à la laideur au frais. Aire de Mornas, entre Avignon et Montélimar : à éviter d’urgence. Je ne te parle même pas de l’été. Hier j’y ai même vu devant l’entrée immense, genre hypermarché, un mec en habits de cycliste tenant deux vélos et se couchant sur le guidon proche de l’évanouissement. Mais qu’est-ce qu’il fout sur l’autoroute ? Je ne te raconte pas tout ce que j’ai vu parce qu’au bout de quelques minutes je n’ai plus regardé, je me suis mise en blocage-brouillard de survie, et hop direction sortie. IL s’est moqué de moi. « C’est ça la société…qu’est-ce que tu crois ? ». Mouais…il me teste. Tu réponds quoi ? « Oui justement, j’aime pas. ». C’est juste que la population en cet endroit un samedi après-midi est la même que dans ton hyper marché le samedi après-midi. Moi jamais aller.

A part ça le sud, pour se baigner hors saison, oui, mais sinon, non. Je confirme.

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4 réflexions sur “Plage de vie

  1. ****ni italien, ni espagnol, ni anglais ni allemand ni portugais ni arabe ni chinois etc. Idem sur la plage, idem aux Saintes Marie de la mer. Néerlandais ? Flamand ? Suisse romande ? Tchéquie ? Rien compris***** ???? Catalan ? Peut-être…Seuls les natifs peuvent partager…presque aussi hermétique ( pour moi ) que le Breton….

    1. Oui cocasse
      On voit des tas de trucs sur les aires d’autoroute !
      Bon, allemand je reconnais au moins cette langue, même si je ne peux la parler grâce aux années en deuxième langue avec des profs revêches

C'est ici qu'on cause...

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