Il est revenu

Cette nuit j’ai rêvé de mon chat Couli, mort en 2011. C’est la première fois que je rêve de lui de cette manière.  Mon ami, mon compagnon. Celui depuis lequel j’ai dit  » Plus jamais » « Je ne pourrai plus supporter la douleur d’une telle perte ».

Il y avait une maison, grande, de campagne, plutôt rustique et jolie. Dans son jardin, un petit pré et un passage à niveau. On pouvait sortir par là en voiture. Bien sûr, si la barrière se fermait pendant que le train était en vue, on attendait. On attendait patiemment dans la voiture, dans le jardin, près de la maison.

Il devait y avoir une autre route par derrière, sur la pente, une petite route de colline comme il y en a plein vers chez moi, par exemple. Nous passons sur la route, nous nous arrêtons devant la clôture en bois et le portail en bois aussi et j’entends des miaulements pressants et affirmés. C’est comme s’ils avaient toujours été là, toujours existés mais c’est à ce moment précis que je les entends et les comprends. « Mais c’est mon chat !  » « Mais pourquoi est-il resté là ? » .Tout à coup, en plein dans le rêve, c’est comme si je me réveillais et changeais de monde. Comme si je sortais du coma, comme si je rentrais à nouveau dans la vie consciente, et je réalise que nous avons « oublié » ce chat, que nous ne l’avons pas emmené chez nous- et ce depuis plusieurs années- et qu’il nous appelle. Il appelle comme un bébé qui pleure, qui insiste. Il nous réclame, il finit par sortir dans le jardin, je le vois, nous sommes toujours garés devant le grand portail fermé. Il griffe le bois, sautille, et se glisse finalement dessous, il est petit, c’est un jeune chat. Je me précipite pour le prendre, le câliner et l’emporter dans la voiture. Nous roulons. Dans la voiture il se produit l’inverse de ce que j’ai vécu en sortant du véto, mon chat euthanasié dans mes bras, puis couché derrière dans sa couverture en pilou turquoise, dans le beau grand carton doux qu’on lui avait trouvé. Il se passe l’inverse, moi et le chat nous renaissons ensemble, notre fusion se remet en place, c’est un bonheur incommensurable, une explosion de chaleur, de joie, d’émerveillement. Le chat frétille dans mes mains, s’installe et sourit.

Plus tard je crois que nous sommes dans notre maison, enfin, « une maison ». Mais le chat s’énerve, s’étire, sort ses griffes, nous échappe dans la pièce, grogne, se rebelle, je ne sais plus. Je finis pas l’attraper et je tente de le calmer. On dirait qu’il revient de loin lui aussi, d’un autre monde, et que son réveil « après anesthésie » a des ratés. Je tente de le rassurer, de lui dire que tout va bien, qu’il peut rester sans s’inquiéter. La suite je ne sais plus, je me suis réveillée sans doute. Je garde l’image du petit chat qui est le mien, qui m’aime et que j’adore, qui glisse sous la barrière pour me retrouver et revenir en ses lieux. Pendant que je le vois se glisser et venir vers moi des pensées me traversent soudain, comme des révélations : Mais comment avons-nous pu le laisser là ? Et qui est le chat qui vit avec nous ? Ah oui, c’est son frère  ( ça, c’est l’exacte réalité chez moi ) ! Nous l’avions pris pour lui ? On s’est trompés ? Il me faut un petit moment, dans mon rêve, pour remettre chacun à sa place, avec son identité. Toujours est-il que je retrouve mon chat, et tout jeune. C’est un renouveau, un commencement. Une transition, d’une phase à une autre, et je n’avais aucune conscience de ces phases, de ces mondes parallèles qui vivaient en moi ou à côté de moi et que mon rêve libère pour un court instant. Un instant de béatitude et de surprise totale. Un instant de découverte vitale, c’est ainsi que je le perçois, pendant mon rêve et maintenant réveillée.

Découverte vitale et essentielle que je ressens au delà du rêve messager. Suis-je donc la même alors, celle qui vivait le rêve et celle qui tapote sur le clavier de l’ordinateur tandis que dehors il fait si frais et si bon ? Les feuilles des arbres sont trempées comme après une  grosse douche et des peluches effilochées et blanches franchissent les montagnes bleues marines en obliques obstinées.

.

 

.

Publicités

2 réflexions sur “Il est revenu

C'est ici qu'on cause...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s