Amie t’y es

Comme ça en amitié il faut être patient.

Comme ça en amitié il faut oublier les silences. 

Comme ça en amitié parfois par hasard, une photo sur face de book et ça repart. Je t’envoie un mail, tu m’appelles.

Et ça repart. Peut être parce qu’on se connait vraiment bien. Tellement bien qu’on peut se dire quand on déconne, quand on ne s’apprécie plus, quand la vie sépare. Tellement que tu t’es tue quand j’avais besoin que tu me répares, m’écoutes dans la perte d’une mère ou d’une soeur et tu n’as pas fait un seul signe. Tellement que je n’ai plus pensé à toi, que je ne t’ai plus aimée ces années là.

Et puis une photo et ta vie à ton tour elle bascule. L’horreur tu la vis, la maladie des tiens, les affres et ce poison qui chaque jour étouffe. Une mère enfermée et alors tu me téléphones.

Et moi j’aime t’entendre, la souffrance ne me fait pas peur. La mienne fait peur aux autres et ils se terrent, se disent heureux, mais moi t’entendre ne m’effraie pas. Je regrette de ne pas être à côté de toi, de tes yeux verts, de ta théière, de la mienne, des pas dans un sous bois ou sur tes galets ou dans mes rivières il n’y a pas. Mais moi je n’ai pas peur, ces horreurs je les sais, elles furent miennes et tout peut changer.

Tout bougera. je te l’écris dans une lettre une fois le téléphone raccroché. Je ne peux guère nager, je ne peux pas aller faire les courses, je veux être seule chez moi une petite heure et t’écrire. Puis quand c’est fait je cours à la Poste car il y a des courriers qu’on pourrait refaire, regretter, ratures, écriture illisible, consonnes tordues, voyelles pas nettes, points en place de ronds, lignes en place de courbes. Phrases sans verbes, alignements et dessins, mots qui se font écho sans réfléchir. On plie, on range dans une enveloppe on envoie. Maladroit. Tu te diras que je n’ai pas changée, que c’est du tout venant et que je parle encore trop de moi. Mais pour savoir pourquoi je dis ce que je dis il faut savoir où j’en suis. C’est un risque, te décevoir encore.

En amitié quand on se quitte et se déçoit plus tard on perd sa nature, on risque l’ampoulée discrétion, on risque de se changer, de revêtir des appâts et de cacher ce pourquoi on vous aimait. Tu ne m’as pas assez dérangée quand j’en avais besoin. Pourtant tu disais que je serais ta dernière cartouche celle qui  » Si je débloque trop un jour tu me le diras, je veux que tu me le dises, toi seule tu peux le faire, je sais ». Alors ce matin tu m’appelles. Parce que la souffrance a ruiné tes étincelles, parce que tu étouffes et que je comprends pourquoi. Alors nous oublions tout, oublierons-nous tout ? Tu n’étais pas là quand j’avais besoin de t’entendre. Les années ont passé et je m’en fous.

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3 réflexions sur “Amie t’y es

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