Matin citadin

Partie à la petite ville que je connais bien. Je ne sais pas comment vous faites pour vous sentir parfaitement bien là où vous vivez. C’est dans les gênes ce truc là ? J’ai habité cette ville, j’en avais un peu marre des trottoirs devant chez moi, mais on était bien. Maintenant j’ai de l’herbe sous mes fenêtres, des godillots dans le chemin vert derrière la barrière mais je suis nostalgique de la petite ville où il dit aimer vivre. Vivre quelque part, c’est encore des histoires. 

Ce matin j’ai retrouvé les rues, les ruelles, les places et le boulevard. Les gens un peu tordus, le marché du vendredi est devenu plus petit, c’est celui du dimanche me dit-on qui a pris de l’ampleur. J’ai acheté des petites pommes délicieuses au producteur qui louche. Il louche totalement, les deux yeux se croisent au milieu, je ne sais pas ce qu’il voit. Mais il fait des ristournes et amène ses fruits en petits containers plastiques, on plonge les bras dedans. Etait là une ancienne collègue amie, bien sympa. Je dejeûnais chez elle, sur la colline autrefois. Une femme généreuse, dont j’ai vu les trois filles petites et qui sont toutes des jeunes femmes maintenant. Toutes différentes. L’une d’elles était là aussi. Mangeait des abricots qu’elle trouvait bon. Le monsieur lui a dit « Non, elle est parisienne maintenant ta fille, elle trouve bon mes abricots ? » Parce qu’il les soldait pour confiture, les sortait du frigo, ce n’était pas de bons abricots. Il en a fait cadeau à la parisienne. J’ai aimé retrouver cette femme généreuse et vive. J’aimerais bien repasser un moment avec elle. Un jour.

J’ai retrouvé la médiathèque immense et accueillante. J’y avais rendez-vous avec une copine et ses deux bambins. On a bu un coup sur la place du petit marché. Trois musiciens jouaient. Un xylophone en bois dont personne ne pouvait déterminer l’origine ni le son. Pas africain me dit une dame enthousiasmée. Ou alors le Mali. Bali ? lui dis-je . Oui peut être. Merveilleux son proche de l’eau qui clapote. Deux djembé autour, plutôt indiens. Trois gars complètement dans leur musique, ambiance africaine et asiatique, doux, vif, mélodieux, enveloppant. Les enfants devant les observent. Quelques adultes passent, il y a peu de monde. La terrasse de troquet est à quelques mètres, nous les voyons.

Je n’avais pas envie de quitter la petite ville, je suis allée faire des courses là où nous allions, près de l’appartement. Je suis revenue par la belle route, toujours la même. Je suis chez moi ici sur ces routes. La maison était calme, elle ne demande rien la maison. Les gens l’habitent selon leur humeur, viennent et s’en vont, elle reste. J’ai suggéré qu’on loue une garçonnière dans la petite ville et ça l’a fait marrer. Vas-y tu as les sous ? Bon. Puis tout était simple avec la maison qui tout de même commence à dialoguer, à nous accepter. Ce sera dur de la quitter il faudra être bien motivés. La terrasse en bois. Les rosiers grimpants. Le calme olympien, ah ça oui. Ai-je déjà habité un endroit aussi calme ? Je ne crois pas. Au Laos, peut être dans ma maison au bord des rizières. 

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