D’horizon à ouvrir

Je crois que je n’ai encore pas fait grand chose de ma journée.

Il y a le chat. Il faut s’en occuper; de plus il réclame. Il réclame qu’on l’accompagne vers le divan, vers ses coussins, vers le dehors pour fumer sa clope avec Lui. Il réclame que j’arrête de manger pour le caresser, il me regarde dans les yeux avec un petit air penaud et autoritaire à la fois, oui ils savent faire cela.

Il y a la vaisselle, la cuisine, la poele et son riz, les flageolets dès potron minet, la carotte à raper serré, le chou à blanchir, la bouteille de soja à sortir, celle d’huile d’olive à vider.

Il y a la piscine, le samedi il faut nager. C’est vraiment horrible la piscine en hiver. Une flagellation. Moins j’ai envie d’y aller plus j’y vais. Parce qu’en sortant tout est lavé dans mon esprit, la saleté est moins sale. N’empêche on pense en nageant. On pense à ce gateau qu’on fera, on pense à l’année dernière quand il faisait beau, on pense à ces bras qui s’élèvent, on pense à l’eau qu’on souffle sous l’eau. Puis c’est la douche. Puis il faut se sécher les longs cheveux et le séchoir fait un bruit de ventilateur grippé. On sort, on est épaté d’être encore vivant et d’avoir fait un truc immonde comme se foutre dans une eau tiède et remuer jambes et fesses seins et oreilles tête et tronc. Il faut être maso pour nager en hiver. Il faut être très très malheureux au point que tout est bon plutôt que de rester chez soi à ressasser des idées grises. On dilue, donc.

Ensuite il y a chocolat. Un grosse envie de chocolat au lait qui m’a prise dans la voiture.

Voilà j’ai pas foutu grand chose aujourd’hui. Il m’est impossible de me poser dans un fauteuil tranquillement. Je peux à peine lire. J’ai froid, mon bureau est froid et je veux déménager. J’ai réalisé que je serai peut être dans les quatre licenciés et ça m’a fait plaisir, tout à coup j’avais plein de projets et tout bougeait mais merde ce ne sera peut être pas moi. Si oui, la fête ce sera.

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