Le froid de son coeur

Elle vient elle est là et elle s’assoit sur mon divan chocolat mais c’est sans rien sans y être puisque l’être qu’elle aimait est parti de son plein gré. Bordel de merde bordel de merde.

Son esprit est un fantôme peuplé de lui qui n’est plus là et si violemment a dit non à sa vie. Je veux partir disent ceux qui veulent partir écoute les bien ils veulent nous quitter.

Elle n’a de place nulle part plus maintenant plus jamais comme avant puisqu’elle est seule et qu’elle n’a pas pu dire adieu à son amour. Il l’agaçait par moments, elle n’en pouvait plus parfois, elle pensait partir de temps en temps, coincée devant son devenir qui moisit, être deux si différents et Bordel de merde bordel de merde.

Il est parti et ce tragique l’emplit. Moi je la vois, je ne vois pas et sans doute tout ce que je dis n’a aucune portée, nous sommes éloignés de son corps qui est pétri de noirceur. Alors nous faisons à manger de bons mets, au menu de la journée du thé aussi et des marches en dessous des degrés mais elle n’a pas froid. J’ai posé mon bonnet sur ma tête, mon nez dans une écharpe je lui demande « Tu n’as pas froid ? ». Elle dit non et de marcher ne s’arrête pas. Le froid, ce froid là si glacé et vibrant dans ma campagne, ce froid ne lui fait pas froid. C’est une autre froidure qui rampe en son âme, le ciel est tombé sur son toi.

Moi je parle, je me rends compte que mes phrases n’entrent pas dans ses yeux, elle est si loin, dans la perte et la violence parce que partager la vie de quelqu’un qui n’en veut plus a brûlé ses forces depuis longtemps déjà. Tu le sais comme moi on ne peux rien pour celui qui ne peut plus vivre ainsi, que cet ainsi détestable de détester ce qu’on ne peut être, ce qu’on ne sera jamais. Et tu n’y pouvais rien, je ne cesse de le dire. On ne peut rien pour t’arracher la souffrance qui dévore. Juste, comme je l’ai fait aujourd’hui t’emmener au bord de mes ruisseaux, te faire découvrir l’immensité de mes montagnes dans ce paysage merveilleux où tout est ouvert, tout est graphique, découpé comme un décolleté de vivre à dentelles. Une beauté pure, elle l’a vue, elle a marché seule devant et j’entendais son coeur se débattre et puiser la beauté malgré tout. Le gris, les flous, la neige en floraison, les sapins très loin très présents et leurs pattes blanches, des princesses. Regarde comme la beauté existe, comme la beauté nous cherche, cherche nos yeux. Regarde. Pleurons. Revenons, même à reculons.

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