Je n’ai pas de prix

C’est toujours intéressant de voir comment chaque personne s’agite devant l’adversité. L’adversité, c’était pas le titre d’un roman ?

Au boulot, des transformations arrivent. On les attend depuis décembre. Les décisions sont prises, quatre personnes vont être licenciées. Baisses budgétaires de la nouvelle Mairie. Il faut faire avec après avoir tout essayé pour faire sans, pour se leurrer. La réalité prend place. Je ne sais pas si je suis concernée, c’est pas sûr, mais cela m’est égal. Je suis en remplacement et je ne cherche pas du tout à travailler encore ni plus. Je prends comme ça vient. Je choisis d’être dans le plaisir. Mon  travail actuel est très plaisant, il faut juste être très, extrêmement, détendu cérébralement, psychiquement  relié au don sans aucune attente au delà de la minute. Sinon on risque de s’énerver et de se demander ce qu’on fait là, pourquoi, par exemple on apprend le français à des personnes qui ne s’en servent pas. Non, il ne faut absolument pas penser au résultat concret en ces termes.Un excellent exercice de détachement, à partir duquel tout arrive délicatement. Il faut être totalement serein et totalement présent et heureux de l’être. C’est tout.  Oui, c’est déjà pas mal. M’enfin, c’est la rançon de la gloire après toutes sortes de boulots dans toutes sortes de secteurs et de lieux. J’ai vu des trucs très moches et j’ai vu des choses magnifiques. C’est à chacun de se placer, de se déplacer s’il le faut, de changer le point de vue, de contourner ce qui fait mal, c’est à chacun de prendre soin de lui et des autres dans le cadre d’un boulot.

La structure et le travail ne sont pas une entité. Ne sont ni une mère ni un ami. Le travail est un genre de miroir. Kaléïdoscope d’un moment de ta vie et d’un moment dans une société dans un pays donné avec un groupe de personnes. Dans le lieu où je travaille nombreux sont ceux qui sont très installés et ont beaucoup ronronné. Ils vivent et travaillent là où ils ont toujours vécu et travaillé. Alors, bien sûr, des remue-ménages de cette force, un travail dont tu vas être privé, cela les angoisse. Ils y mettent tout à la fois et sont perdus. Une année avec leur salaire pour retrouver un emploi ou aller ensuite vers du chômage, je ne dis pas que c’est facile, mais cela pourrait être un projet aussi. C’est le moment de quitter le confort, de se mettre en danger, et oui je sais, tout le monde n’aime pas cela autant que moi. Je reste persuadée que la mise en danger est indispensable pour vivre. Elle me fait vivre, l’inverse me fait mourir. Chacun voit son salut comme il peut.

Ainsi donc j’observe mes collègues. Certains ont envie de faire couler le moral de tout le monde et répandent des informations alarmantes « On va fermer dans quinze jours !! ». D’autres se bourrent de café noir et tournent en rond et ne veulent plus rien faire sauf se foutre de tout. D’autres ont retrouvé le sourire, avaient envie d’un tournant dans leur vie, n’ont pas osé le prendre d’eux mêmes et les voilà dedans. Nous sommes encore dans l’attente : on ne sait pas QUI seront les quatre licenciés. Il faut des entretiens, parait-il.On connait juste la somme que ces quatre là valent : 100 000 euros. Le poids de leur licenciement, le poids de leur départ, sa justification en argent comptant. Curieuse façon de les peser mais c’est ainsi. Tout a un prix, hélas. Mais pas la liberté.

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9 réflexions sur “Je n’ai pas de prix

  1. C’est à dire que la prise de risque et la mise en danger n’est pas la même pour tout le monde…Si t’as un conjoint et si t’en as pas,si t’as des crédits sur le dos,si t’as des mômes qui font des études etc…On n’est pas égaux non plus devant la prise de risques.Je comprends que ça en angoisse certains.Pour le livre ,c’est pas plutôt « L’adversaire »?L’un n’empêche pas l’autre remarque:-)…

    1. Je pense que chacun doit trouver sa prise de risques sans se réfugier derrière des oui mais…
      On est adultes très tôt, il faut prendre ses responsabilités, y compris d’en refuser certaines si elles nous emprisonnent. Et de toute prison trouver les clés.

      Oui L’adversaire. Un drôle de mot, que je n’emploie jamais. Mon seul adversaire, le plus redoutable me semble être moi-même !

  2. coucou ma chère!!!!
    Devine un peu kesque j’ai pêché dans la boite aux lettres en rentrant du boulot??????? Une friandise en forme de lettre !!! transparente par dessus avec des petits scotchs et des couleurs par en dessous!!!!
    Tu exagères , quand même , c’est trop trop trop!! je ne sais comment te dire:
    bref c’est adorable : une baleine qui flotte avec des fleurs!! un week-end commencé sous cette douce loufoquerie ne peut qu’être délectable…
    Merci merci!!!!
    et je vais aller voir le site de cette artiste accrochée au radeau postal.

    pour réagir à ton billet: oui, je crois z’aussi que le bonheur et l’excitation de la vie implique une certaine part de risque et d’inconnu …
    J’ai pratiquement toujours été à temps partiel , mi-temps ..
    donc, je vais je pense toucher des clopinettes
    donc pour l’instant je n’y pense pas ? A quoi, banane??? à la retraite , pardi! ouistiti!
    j’ondule entre ce mi-temps et des ajouts en « auto-entrepreneuse » toujours à faire zizique avec les petits et grands.
    sauf que là, depuis Janvier m’est tombé sur les bras un nouveau truc , que même ils ne savaient pas bien ce que ce serait , ni comment faire…
    Donc , c’est moi qui ait accepté : je me suis dit : je ne l’ai jamais fait, donc pourquoi pas , allez hop! une nouvelle aventure .
    UNE ANTI-CHORALE
    Faut être barjo des fois , tu ne crois pas???
    Une quinzaine d’adultes d’âges divers , gars et filles , pas du tout chanteurs , certains carrément arythmiques , mais joyeux ,
    et au milieu , notre fée clochette : Juliette Z , chanteuse anexthésique prolifique .
    + mézigue dont la fonction est de faire prendre la mayonnaise entre ces braves gens et la zébulonne super géniale autour de ses chansons.
    même qu’on va tous monter sur scène début Juin.
    c’est la fête!!!!

    1. Ben c’est bien.
      Je ne me fais pas de soucis, la joie et l’envie viendront toujours vers toi.

      La baleine, maintenant que tu le dis, faudrait lui trouver un nom, elle le mérite.
      C’est elle qui m’a tout de suite demandé à partir chez toi. les animaux animés sont Rois.

      Sinon, pour le risque, oui, c’est ça, on est inégaux devant et de face, comme pour tout le reste.

  3. en fait c’est de sentir si on envie de se lancer et carrément , changer, faire des trucs qu’on n’a jamais fait, même si c’est risqué , au niveau image de soi, crédibilité etc..
    je n’ai jamais eu vraiment conscience de tout ça , je ne suis toujours pas titulaire de mon poste et je m’en fous …..
    il aurait fallu courir les concours administratifs etc… 2 fois j’ai fait , maintenant ça suffit. je m’en fiche un peu de ce que les gens pensent de moi
    oui, la baleine, je vais attendre qu’elle me parle un peu , je vais la regarder en coin demain matin
    dors bien.

C'est ici qu'on cause...

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