Au tapis rond ron ron

Bon, le plan FIP, est un bon plan. En plus, sur l’ordi, tu as tous les titres au fur et à mesure de l’écoute et bien sûr tu n’en connais aucun. C’est bien, parce que la grève sur Radio France a assez duré : on connait toutes les bandes musicales maintenant et ça commence à se répéter. Celle de FIP, ça change un peu.

Ce fut une journée d’endurance. Encore une journée où l’on se prouve qu’on s’aime et que c’est désespérement acquis. Je ne peux même plus rêver de foutre le camp sur un coup de tête, de tout plaquer pour filer l’aventure, dans un recoin désespéré, me retrouver en mal de tout en ayant tout quitté. Je ne peux même plus. Ou juste sur la route. Oh la route. Comme c’est bon toutes ces idées de dingue qui arrivent, qui prennent d’assaut ma stéréo mentale quand je conduis. Je conduis sans regarder la route que je connais par coeur. Tout se passe en pilote automatique, mon cerveau est libre de foutre le camp. Et il fait, tout seul, il se barre. J’invente des scénario, en fait ils m’accostent d’office. Je vis d’autres vies, je prends des décisions que je ne prendrai jamais et je vois ce que ça donne. Oh la route, elle me convient bien en ce moment. Elle cause quand même des pointes de désespoir et au premier rond point, sur la route le long du petit canal ce matin j’ai pleuré. Dans le rétroviseur j’ai regardé le khôl glisser et du rouge sur le bord inférieur de mes yeux. De beaux yeux qui brillent. On est pas si laids quand on pleure. C’est à cause du boulot mais surtout des deuils. La situation au travail me cueille bizarrement, je n’aurais jamais imaginé cela et je ne comprends pas pourquoi tant, pourquoi à ce point. Et ce sont les deuils, tout simplement. Peut être que ce petit job était ma part de sécurité, de paradis caché, de douceur dans le brut ambiant. Et le brut est rentré dedans, des douleurs, des pertes, des murs qui se lézardent là où je trouvais toujours une permanence et un accueil. J’accueillais et on m’accueillait. Il faudra juste garder ça, s’y coller.

Passé le petit canal sur la droite j’ai continué de rouler. Je n’ai pas laissé passer sur ma gauche les ringards qui attendent au stop, il y a des travaux et ça les coince, mais ce matin va te faire…et puis on leur donne une main ils veulent le bras. Parfois sur la route on pense aussi n’importe quoi.

Mais aujourd’hui rien n’a pu faire capoter totalement la journée. J’ai beau être mal aimable je suis redevenue fréquentable. On a même fait du yoga avec les femmes de l’après-midi. Dos rond et dos cambré sur les tapis. C’était plutôt réussi.

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Une réflexion sur “Au tapis rond ron ron

  1. fip, oui, de temps en temps moi aussi pendant les repassages pliages de linge à rallonge , ça me manque France inter le matin, pour émerger en buvant le thé très tôt.
    à la place j’ai essayé europe 1 mais ça ne passe pas…
    je suis en train de réviser les chansons pour l’anti-chorale de ce soir
    pas moyen de mémoriser par cœur oups , ça la fout mal, non???
    mais c’est un bon moment de partage avec des de toutes sortes de gens , on se tient chaud , tant mieux car la pluie glacée sévit
    et Juliette vient aussi cette fois mettre sa danse de lutin fée en-chanteuse dans notre groupe, elle va nous bien briffer sur le comment faire avec ses chansons de nana pas née de la dernière casserole , je l’aime cette fille anguleuse gracieuse , tellement musicienne partageuse d’élan.
    tu l’as dit , se frotter aux gens , ça rend tout le monde doux et meilleur.

C'est ici qu'on cause...

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