Nos tropiques

Elle habite à 24h d’avion d’ici. Ne cherche pas sur la carte, je te le dis,c’est au pays des lagons mélanésiens.

Elle vient de partir, un jour elle reviendra pour de bon après trente années d’exil choisi.

Elle regarde tout comme des merveilles. Les verts, les places des villages avec terrasses et fontaine devant l’église, les roches abruptes qui grimpent mon Vercors ( dont elle dit que c’est aussi beau que la Nouvelle Zélande ce qui est un suprême compliment), l’apothéose de la beauté drômoise en ce début septembre, les sites grandioses, tellement énergisants, les petits bourgs aux ruelles étroites dans les pierres. Tout est exotique à ses yeux. Elle a envie de revenir, enfin. Après avoir beaucoup hésité.

C’est alors avec encore plus de plaisir qu’elle séjourne chez nous et qu’au bout de quelques jours elle fait partie des murs. S’adapte à nos rythmes un peu zen, déguste nos plats frais et colorés, enfile les théières avec moi  » Je n’ai jamais bu autant de thé. C’est bon pour moi. ». Boire un thé c’est aussi se poser, lui dis-je. C’est faire une pause, s’accompagner en douceur, se bichonner.

C’est une amie de l’école, du collège. Proches et lointaines avons-nous été mais l’enfance ne s’efface jamais. On a changé, on ne se connaît pas tant que cela, et c’est le projet. Se rester, se garder, ne plus avoir besoin de deux avions et des dizaines de lagons pour se revoir.

C’est la première fois depuis longtemps que quelqu’un passe autant de jours dans notre quotidien. J’ai passé un cap, elle a su être silencieuse, elle a pris les choses sous les bons angles. Elle aime toujours tout, « elle peut revenir quand elle veut » dit l’Homme qu’elle a beaucoup aimé. Bon, alors, ça fait plaisir. S’arranger ensemble, se laisser vivre, s’apprendre.

Je suis allée deux fois sur son île. Ce paradis. J’ai aimé être seule,  en bus, entourée de kanak. J’ai aimé tout ce que j’ai vu même ce que j’aimais moins. Je connaissais déjà la vie des blancs riches qui raflent la mise sous les soleils. Je suis allée deux fois sur son île, la première fois elle m’a offert et envoyé le billet d’avion, je n’en croyais pas mes oreilles quand j’ai ouvert l’enveloppe. Je l’ai remboursée en petite lingerie à dentelles, mais ça ne faisait pas le compte, il aurait fallu des centaines de soutifs et culottes. On a bien ri.

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2 réflexions sur “Nos tropiques

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