Le nouvel atelier

Le nouvel atelier auquel je me suis inscrite, une fois par semaine, est très bien.

C’était hier et je plane encore un peu.

Il n’est « nouveau » que pour moi. Il est municipal et très très rempli, tout est complet dès le deuxième jour des inscriptions sauf le cours de l’après-midi, où je vais. Il y a des ateliers enfants, ados et adultes.

J’y étais passée en juin. C’était l’effervescence de l’expo à préparer. Chaque année un thème est choisi et une expo rassemble les oeuvres en fin d’année, une semaine.

Cette année c’est « L’homme et la machine », la prof aurait voulu « L’art et la machine ». J’ai failli ne pas venir à cause du thème. Mais à l’inverse je me suis dit que ça secouerait mon cocotier qui en a besoin. C’est un atelier basé sur l’art contemporain et les arts plastiques. Travailler toutes sortes de matériaux m’intéresse grandement, je me suis dit que le thème s’y prêtait absolument.

Donc j’ai découvert le groupe et la prof, N. , en action. La séance commence toujours par un peu d’histoire de l’art, quelques artistes sont présentés, des bouquins, leurs oeuvres mises un peu en contexte mais vraiment à l’arrache. Il y a une bibliothèque très fournie au sous-sol, on ira voir. N. nous a présenté le programme des réjouissances de l’année. Trois grandes phases qui passent par Tinguely, Calder, Léonardo de Vinci, Picabia et d’autres. Et surtout la fin de l’année consacrée à l’expo pour laquelle nous devons trouver une salle et on aimerait un truc TRES grand. Une usine, un hall, une gare, que sais-je , mais dans la ville pas à 10 kms ! On aimerait créer des oeuvres en fonction du lieu, de l’architecture, etc. Oui, alors c’est génial on voit grand. C’est plein d’utopies et d’envies, surtout des choses impossibles.

On a bossé sur une machine sculpture de Tinguely qui se nomme Eureka. Elle est à Zurich, vous verrez sur le net il y a une vidéo qui la montre en marche. Roues actionnées, va et vient de structures zarbi, peignes-râteaux qui pédalent dans le vide, etc. Une moitié de photo de l’oeuvre était proposée à partir de laquelle il fallait créer notre propre machine, compléter à l’aide de découpages sur photocopies noir et blanc de petits ou grands ustensiles d’outillages ou objets divers crayons, limes, fil électrique. Tout ça collé sur un long rectangle gris, assez beau.

Horreur malédiction je me suis demandée ce que je faisais là. Moche et sans intêret ces clous, échelles, pinces, scies, cordes et vis que j’ai collés au pif, sans aucune inspiration si ce n’est que j’ai pris l’option verticale. La prof est venue m’aider, elle a cru que comme tout le monde j’avais juste disposé les découpes mais non c’était un peu collé,  » Tu as tout collé !?!! ». Ma voisine a beaucoup ri. J’adore ces ateliers en groupe où tout à coup un miroir t’est posé devant. Ah oui, tiens, moi je colle toujours d’abord, quoi que je fasse, même pour une mosaïque de céramique au dessus du lavabo. Tu crois pas que je vais d’abord dresser un plan sur papier, poser mes carreaux cassés dessus puis…me mettre à coller !! D’ailleurs certains autour de moi étaient tout perdus quand un bout de papier bougeait et j’entendais  » Ah mince je ne sais plus ce que je voulais faire !! ». Moi comme je ne sais pas ce que je veux faire dès le départ, je n’ai pas ce souci de me calquer à quoi que ce soit. Et là ma voisine très sympa a commencé à rire encore en se disant qu’elle n’allait pas s’ennuyer avec moi.

Donc c’était laid mais eureka, on pouvait utiliser crayon noir et fusain, craie blanche et feutres noirs pour s’en donner à coeur joie et tenter de donner vie à la construction, essayer de trouver cette histoire à raconter. Miraculum au bout d’une heure mon truc était regardable et j’étais vraiment ravie du chemin parcouru. Je regrette de l’avoir laissé sur place comme tout le monde car deux trois trucs me titillent et j’aimerais l’avoir sous le coude. On finit la semaine prochaine et on s’embarque sur l’encre et pinceau chinois à partir des formes de notre machine. Les oeuvres de Tinguely sur photo, ainsi que ses schémas, évoquent la calligraphie.

Je suis sortie en ayant oublié le monde d’où j’étais venue trois heures auparavant. J’avais l’impression de sortir d’une soucoupe volante. Je regardais les rues, les gens et les bagnoles avec curiosité. J’ai mis quelques secondes à me raccorder à mon réel, qui étais-je ce matin ? Qu’allais je faire à présent à 16h42 ? Quel était ce présent ? Allais-je rouler vers un chez moi ? Qui quoi où ? Ah, ça m’est revenu. Une étrange impression d’avoir une vie à récupérer, qui était mienne et que j’avais totalement oubliée comme redécouvrant ce manteau à enfiler, m’appartenant. Ah bon ?

Extraordinaire créativité, monde sous-marin et spectaculaire, monde parallèle et mouvements de l’intérieur à l’extérieur, vous êtes divins, du sucre, du bonbon, du miel et de l’acide, du craquant et de la bile, de la transformation pure.

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5 réflexions sur “Le nouvel atelier

  1. J’admire ton énergie à t’investir…
    Je ne me sens plus du tout capable à vivre au sein d’un groupe, même pour un temps donné et très court….

    1. Je te comprends. Je n’aime pas les groupes quand je subis trop la connerie du troupeau ou les façades de mise. Mais dans ce genre d’atelier c’est tout de même « chacun pour soi » avec les 2/3 du temps en silence et création.
      D’ailleurs tu fais du Qi Gong, ( et en stage en plus ! chose dont je suis incapable) et bien c’est presque pareil.

      Ma motivation est d’abord personnelle et égoïste, car cela va me pousser à travailler chez moi le dessin, la peinture, etc. L’émulsion du groupe est parfois agréable à petite dose et surtout je viens pour la prof, pour le recul, les conseils, etc
      Donc « vivre au sein d’un groupe » euh tu vois j’en suis loin. Partager quand ça m’apporte quelque chose et que je peux apporter de la bonne humeur, on peut tenter …

      Bises

      1. **D’ailleurs tu fais du Qi Gong, ( et en stage en plus ! chose dont je suis incapable) et bien c’est presque pareil.**
        Oui, on peut dire qu’il y a similitude en ce sens que chacun « travaille » et physiquement, et mentalement, on y met une part de nous mêmes, tout en enchainant les mêmes suites de mouvements….
        Et oui, je vais en stage où nous sommes entre 20 et trente personnes selon les stages. Mais je connais la maison…et la qualité de la pratique qui y est proposée.
        De plus je dois dire que je n’ai jamais remarqué quelque jugement ou remarque sur les comportements ou dans les conversations, chacun est libre d’être ce qu’il est, et est reçu comme tel.
        Ce qui fait que ces stages sont non seulement d’un très bon niveau de pratique, mais aussi, très agréables, 5 jours, pas trop long , pas assez long pour risquer d’être pénible

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