Qu’en faire

Le temps se fait chewing gum. Quand je ne suis pas chez moi je ne me rassemble pas. On dirait que j’attends quelque chose alors que je suis la seule responsable de ce qui se joue. Le temps alors s’allonge sans que je n’en fasse rien. On dirait que je suis sur une planète dont je ne maîtrise pas les manières.

Faut-il s’allonger, faut-il dormir ? Faut-il manger et à quelle heure ? Qui viendra me voir ? En général, personne. Faut-il s’habiller pour être vue ou pour être utile chez soi ? Le temps s’étire depuis quelques mois. Il tombe dans des trous avec moi. Un chat, deux chats, des poules, des nuits, des forêts, des pierres les unes sur les autres. Des chats allongés sur les pierres. Je suis en intermittence. Je me désolidarise de mes principes et je ramollis.

Le temps est mort, tout petit. Le chagrin éclate. Le chagrin n’a pas d’âge et je suis une enfant. J’ai dû perdre une poupée mais je ne sais pourquoi, j’ai dû perdre un ange, un gardien de phare. Le temps est comme un flan. Je suis sans consistance dedans. Je suis bonne pour faire à manger puis je n’ai pas faim. Je me couche le ventre vide et j’attends le prochain jour pour retrouver le goût.

Les années aux fesses. Les perdues. L’éperdue marche en avant. Il me manque un croisement, peut être de ces angles forts qui mordent et font dates. Il me manque peut être une date. Un corps, un souvenir, des ombres mal nommées, des roues qui ne roulent pas. On a ce fond dont on ne sait rien. Loin de chez moi je me perds, je suis un bateau sans port. Je ne sais plus être seule, je ne sais plus qu’en faire.

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4 réflexions sur “Qu’en faire

    1. Des cris et d’écrire. Quand on peut encore.
      C’est mon genre d’humeur sur le soir
      Si je devais écrire cela chaque matin, je serais vraiment malade de moi, ce serait grave
      Heureusement il y a le jour, comme aujourd’hui. D’une autre trempe où voir ce dont on est capable

  1. Oui, il m’arrive de passer par ces périodes de vides (trop pleins)….
    Sous d’autres formes, à la merci d’autres mésaventures
    que je tente précipitamment de gommer, mais dans un climat doux-amer,
    dont je ne sais me débarrasser !
    ça me colle au mental.

    Parfois je me protège
    je plonge dans mes « chiffes » et aiguilles..
    Je plonge ? Je m’immerge
    Et fais en sorte que plus rien n’existe.

    Pas très apprécié par mon entourage
    Chacun, chacune se fait « esprit »
    On rode autour de moi
    Histoire que je ne me sente pas seule,
    Mais tout est silence et vide.

    Alors, il arrive que ce soient les couleurs, les reliefs qui me redonnent vie !
    Ils sortent de mes doigts
    comme des mystères qui veulent retrouver joie et lumière !
    Bien sûr un sentiment d’inconfort reste en moi,
    Peu à peu, tout arrive à s’évaporer….

    Mes chiffes et leurs fils sont là !

C'est ici qu'on cause...

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