Sur l’eau des adieux revenir

Comment vas tu ?

Tu sais bien que j’attends toujours. Je suis infinie, insatisfaite, jamais bordée comme il le faut sous les couvertures du réconfort. Toujours je cherche, je me cherche chez toi, toujours j’attends le prochain courrier et les prochains mots d’amour. Que pourtant j’ai eus. Mais une fois ne suffit pas, ni deux ni trois. Il faut la vie compter encore avec des brassées de ce qu’on ne trouvera pas.

Je me sens seule tout le temps parfois. De cette insatiable soif de toi, cet impossible moi qui bat. Qui attend la lettre, le mot, le retour. Je pars, je suis partie chaque jour, chaque jour j’accoste et je cherche le port qui me ramènera. J’attends des mouchoirs, des effusions, perdue je regarde au loin et tout près je ne vois. Je suis aveugle et sans foi. J’ai tout et je n’ai pas assez. Je respire le manque, je respire tout ce qu’on m’a donné et donner encore ne semble jamais assez. Je tourne, j’arpente sur le paquebot, le plancher craque. Je serre l’adieu, tous les adieux et je vois ma grand-mère au balcon sur la terre ferme que nous venons de quitter, elle agite sa main frêle de femme qui reste quand partent les autres. Sur la mer des départs, sur la mer des retours. Toujours le revenir frappe à ma porte, sous ma peau.

 

 

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6 réflexions sur “Sur l’eau des adieux revenir

    1. Merci !
      Jeudi, d’autres paysages…bienvenus. Même si pour la première fois de ma vie, je pense à la possibilité de la violence, possible oui, n’importe où entre gares, villes, passants, et rues. Troublant constat en moi.

  1. vraiment déchirante nostalgie de ce qui n’a pas été mais pourtant..
    cette soif de re-commencements ,de peut-êtres et de si seulement j’étais montée dans ce train qui n’était pas le bon . rêver toujours d’ailleurs et de lointains espaces vécus ou non nous laisse infiniment sur la berge des possibles , et je pense que toute création dépend de cette incapacité au renoncement.
    l’acte créateur demande l’inquiétude , le risque , la mélancolie chevillée au corps et au cœur, et ça , on peut bien dire que tu en as le profil ….donc pas de souci, trace ton sillage de sirène à jamais éplorée , tes écrits scintillent comme l’écume sous la lune …; argent et reflets qui frémissent.

C'est ici qu'on cause...

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