Pas loin mais loin

Je suis partie quelques jours. Mon but c’était d’aller chez cette amie, la soutenir dans une nouvelle période moins sombre après un deuil lourd. Découvrir la maison et le jardin normands. Y cuisiner, y chouchouter, jardiner et le reste.

Tout cela fut parfait. C’est le jardin qui a d’abord attiré mes mains. Un plaisir, dans un espace aéré, plein de fleurs et d’orties de deux mètres de haut. Un gazon tondu, des arbres taillés, un cèdre immense où le vent résonne de sons maritimes ( nous sommes pourtant à plus de cent kilomètres de la mer ).

En prime il y eut les chèvres, un peu abandonnées dans la friche du voisin. On s’est bien entendues.

 

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J’étais en bordure de Vexin, près de Giverny. J’ai découvert le Musée des impressionnistes où une expo de Sorolla m’a enchantée

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C’est un peintre espagnol.

Giverny a une rue principale, il faut y être le matin et partir à midi en été. Sauf à aimer attendre sur des files interminables et internationales. A 10h j’étais la première à entrer au Musée qui est resté désert. Tout le monde va plus loin voir la maison de Monet et ses jardins. Je n’avais pas envie, je ne raffole pas des « maisons d’artistes ». Tout était donc parfait. Une heure au Musée et une heure et demie de marche sur place.

 

Giverny (2)

C’était le dernier jour.

Le premier jour je suis allée découvrir la petite ville proche de la maison. Ce fut une drôle d’impression. J’ai vécu en Normandie, à Rouen, une belle grande ville animée où j’ai fait ma scolarité et eu plein d’amis fidèles formidables. J’aime aussi les bords de mer normands. Mais là j’étais tout à fait ailleurs, dans l’autre sens, le sens vers Paris et Mantes la Jolie. Une rue principale, des commerces peu intéressants sans aucune originalité, des rues perpendiculaires, deux places-parking en semaine. Tout était mou. Les gens peu avenants, et pas aimables en voiture. Il faut dire que je vis dans une région douce où l’on se respecte, roule tendrement, se fait des signes amicaux sans se connaître.

Dans cette ville le centre ville n’a pas de  charme sauf celui de quelques vieilles maisons et d’un beau musée que j’ai adoré. La beauté quotidienne que je vis chez moi est absente là-bas, heureusement la Seine est là avec ses abords aménagés de saules, de bateaux, d’îlots et de vent. A l’extérieur du « centre ville » tout est laid. Sale, laborieux, sans joie, même la gare est moche, une architecture des années 70 avec des toits-cônes en ferraille à mettre à la poubelle. Incroyable. Comment vivre ici ? Bien sûr il y a les quartiers bourgeois et des maison de briques avec jardins très entretenus. J’aime les maisons de briques. Elles furent mon seul réconfort dans cet environnement qui me rendait nostalgique de la belle Drôme, car j’ai oublié de préciser que, bien sûr, tout est plat dans cette Eure. On peut vivre là, sans doute. Il faut y être né ou avoir beaucoup d’amis. Et goûter souvent les plaisirs parisiens vite abordables par le train.

J’ai aimé au retour être entourée dans le wagon de quatre nationalités. Couples, jeunes gens et enfants. Inde, Pakistan, Afrique noire, du monde, souvent monté à Mantes. Bébés joyeux, couple de chinois francophones, jeunes filles (indiennes ?) adorables, famille américaine bien pensante alignée sur les sièges le père faisant la morale à un des fils. Beaucoup de vie dans ce train, dans cette banlieue colorée, qui bouge, qui m’évoquait ce qui me manque dans ma campagne aussi belle soit elle : la diversité, la confrontation avec l’étranger et le travail en compagnie de non natifs d’ici. J’ai presque pleuré de ce manque là, et de cette heure de chaleur humaine inter-continents rassemblée dans un seul wagon.

C’est pleine de pensées diverses et très touchée que j’ai repris le bus à Paris entre deux gares et aimé ma halte entre les deux, à Arts et Métiers. Ce café un peu art déco est agréable, cher, calme, accueillant, j’étais la seule française en terrasse. S’il y a bien un sujet de photos qui me passionne c’est la photo des terrasses de cafés. J’étais bien. Toujours aussi remuée mais assise là où j’avais envie d’être. J’ai toujours aimé Paris début août, j’ai très envie d’y revenir à cette période.

 

 

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Pour le moment je suis rentrée chez moi. Dans le cocon où j’admire encore plus la chance et la beauté à ma portée.

 

 

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2 réflexions sur “Pas loin mais loin

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