Tristesse

La tristesse n’a parfois pas de fond, ni de forme qui vaille. La tristesse est immature, elle réclame son biberon. Les larmes sont en vacances à la mer ? La tristesse reste têtue. La tristesse n’a jamais la même adresse. Elle ne s’adresse qu’à toi alors que tu attends des autres un réconfort dont ils ne se doutent pas. Le corps absorbe la tristesse et en fait des bouts de douleurs, sur lesquels la tristesse s’appuie pour dire  » Tu vois ça ne va pas. » La tristesse aime les drogues, aime être saoule, enfumée et toxicomane, pour mieux retomber dans la tristesse mais au moins elle sait d’où le manque vient et où il la conduira. Sinon, à sec, toute clean, bien propre sur elle, la tristesse cherche sa croix, se prend les pieds dans l’ennui, là où rien ne va. La tristesse entre. C’est un vide, c’est un trou, c’est un pic du midi et entre les deux. C’est un soir, c’est une nuit, c’est un jour que la tristesse t’a connue. Petite ou grande, grand ou petit. Tu as appris à changer de trottoir, tu as appris à faire le fier, à te dire qu’elle est pour les autres, bien trop forte pour toi, bien trop sournoise, bien trop collante cette fille là. Ce gars qui s’incruste, triste comme un bout de bois. Triste comme une fleur sans eau. Cette tristesse tu ne veux pas. Ce spleen, cette amertume, ce rivage sans pas.

 

.

Publicités