Les dates qui rattrapent

On ne sait  pourquoi ni comment, un jour commence bien ou moyennement puis le calendrier frappe à la porte et emporte.

Samedi. Un marché local, un jus de pomme dégueulasse en terrasse avec une brioche aux pesticides qui va me rester sur l’estomac rapidement ( le blé pollué quand on s’en désintoxique, après on ne peut plus). Un petit achat, une atmosphère d’avant orage et on rentre à la maison pour un bon déjeuner de légumes de jardin. Mais tout dérape.

C’est l’idée de l’orage et c’est l’idée du samedi. Car il y en eut un précédent il y a huit jours. Un qui nous reste sur le coeur. Grigou, très malade,  était absent et introuvable ( on pense, depuis, qu’il était peut être sous la haie au jardin, dans un nouveau coin où je n’ai pas fouillé et où il était le lendemain à 6h). Tout dérape. Tous les deux on pense à la même chose. A ce samedi 23 juillet pénétré d’angoisse, angoisse de le perdre sans le revoir, angoisse de ne pas savoir où il se cachait.

Et le ciel est tombé sur nous. On essaie de se souvenir quand les trombes d’eaux ont frappé. On ne sait plus se souvenir de la journée de samedi dernier. Qu’avons-nous fait ? Tout était tourné autour de la mort imminente de notre petit ami poilu. Chaque geste, chaque décision. L’orage est arrivé. On n’y croyait plus. La météo s’est trompée tout l’été, les orages prévus ne venaient pas nous rafraîchir. Sauf le 23 juillet au soir, alors que notre chat était dehors agonisant. L’eau est entrée dans la cuisine. Le vent emportait tout dans tous les sens. L’électricité s’est coupée deux fois. Cela a dû arriver une fois en cinq ans et voilà que ça coupait deux fois en une heure. La foudre est tombée toute proche. Nous pleurions. Nous étions aux abois. L’apocalypse au dehors, l’apocalypse dans nos coeurs. J’ai détesté cette soirée, c’était trop, c’était tellement cruel. Il ne manquait plus que cela… Comment mon petit chat survivrait-il encore quelques heures à ce déluge et cette violence des cieux et ces bruits effrayants ? Il a tenu le coup, je ne sais comment, je ne sais où, toute la nuit seul, meurtri, immobile, ne pouvant plus marcher, terrifié. A 6h30, quel soulagement, il m’appelait dans le jardin pour mourir dans nos bras.

Ce midi tout me tombe d’un coup sur l’estomac. Après le repas je ne tiens plus debout. Je monte me coucher, je reste trois heures au lit dont deux heures d’effondrement de sommeil. Abattue physiquement comme une vieille souche qui voulait tenir mais dont la mémoire sournoise remporte la mise d’un bon coup de hache.

 

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