Quoi de neuf ?
Mon ordinateur pédale. Y-aurait-il du ménage à faire ?
Mon bureau est un couac étalé, étalement du sol à la table, de papiers, bocaux remplis d’encres et couleurs, ciseaux, pétales de rose jaune, bouteille plastique, tiens un bocal de peinture blanche sans couvercle depuis hier ? C’est bien ce que je disais.
Mais j’ai terminé les 14 cartes-souvenirs pour la fête du 1er juin ( cf latortuelegere).
Au jardin quand le soleil est là tout est bleu. Des armées de fleurs de fraisiers sont dressées vers le ciel. La nature patiente.
Passage entre. Passage entre une fin d’année scolaire avancée et un été programmé très en avance. Je prédis un bel automne.
C’est la première année sans soeur. Cette mort sans prévenir à laquelle je pense de temps en temps mais de moins en moins souvent. Un jour quelqu’un prend un thé dans ton jardin et mange une glace faite maison. Tu n’es pas très à l’aise, tu ne sais comment t’y prendre, tu penses qu’il y aura d’autres fois. Deux semaines après on te téléphone et son fils te dit qu’elle est morte parce que son coeur a cessé de battre sur une table d’opération, lequel coeur n’était plus en état de marcher, en fin d’été, la veille de revoir son petit dernier qui revenait de voyage. Tu dis "Ce n’est pas possible".
Puis il faut assumer, rabattre la couverture à soi, sur le nez. Mon sac de pleurs a été utilisé tant que je n’ai plus de réserve et c’est très ennuyeux. Il est bon d’avoir des larmes en stock prêtes à jaillir, il est très bon. Sinon une petite pourriture se dilate lentement, un marécage prétentieux s’installe, écarte les poumons sur le côté, arrache des bouts de trachée, une tranchée qui ne protège plus. Ce rempart entre l’envie de vivre et la capacité de résistance. Pleurer je prie de le faire, je me mets à genoux devant Sainte Larmes pleurez pour moi pour que coule ma dévastation et que j’arrête de mentir.
Quand le soleil est là il est bleu uni. Au jardin on s’installe. Je regarde ma petite prairie que je suis incapable de cadrer docilement parce que j’aime trop les fleurs de mon champ.
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